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vendredi 4 octobre 2019

Le Fil D'Argent, de Rebecca Greenberg


Un jour de tempête, l'existence de Thomas Gordon bascule. Le journaliste d'investigation a un accident et se retrouve plongé dans un coma de plusieurs mois. À son réveil, tout a changé : son esprit est capable de se projeter dans le passé.
Peu à peu, il devient évident que ses voyages dans le temps ne sont pas dus au hasard, car Thomas est sans cesse ramené dans la France occupée des années 40. Il y découvre la vie tragique de Simon, un Juif entré dans la résistance, et de ses deux petites soeurs.
Qu'est-ce qui rattache Thomas au drame de cette famille prise dans la tourmente de l'Histoire ? L'enquête incroyable qu'il mène bouleverse toute sa vie. Mais en réveillant les fantômes du passé, peut-être parviendra-t-il à racheter une faute trop longtemps restée impunie...

Rebecca Greenberg signe avec Le Fil d'Argent un excellent premier roman, paru en 2018 aux éditions Terra Nova.
L'auteure nous offre à la fois une plongée ésotérique et un retour très bien documenté sur les pages les plus sombres de l'Histoire de l'Humanité, à savoir la seconde guerre mondiale.
Mêlant habilement un présent ancré dans la littérature de science-fiction et un passé historiquement véridique, Rebecca Greenberg entraîne son lectorat dans un roman passionnant.
Le Fil d'Argent oscille, pendant 450 pages, entre fantastique et historique sans jamais s'égarer ni minorer les horreurs de la déportation et du conflit mondial 39/45. Un pari osé mais réussi pour Rebecca Greenberg. Son roman est fort bien écrit, l'intrigue est palpitante et l'ensemble est complété par une bibliographie fournie concernant la décorporation et la seconde guerre mondiale.
Un véritable coup de coeur face à cet ouvrage riche de connaissances historiques tout en assumant parfaitement son côté ésotérique. 

Lady Fae

mercredi 18 septembre 2019

The Dead Don't Die, de Jim Jarmusch


La sortie en DVD et en Blu-Ray du dernier O.V.N.I. de Jim Jarmusch, le 25 septembre prochain est l'occasion de vous servir une chronique de The Dead Don't Die.

Dans la sereine petite ville de Centerville, quelque chose cloche. La lune est omniprésente dans le ciel, la lumière du jour se manifeste à des horaires imprévisibles et les animaux commencent à avoir des comportements inhabituels. Personne ne sait vraiment pourquoi. Les nouvelles sont effrayantes et les scientifiques sont inquiets. Mais personne ne pouvait prévoir l’évènement le plus étrange et dangereux qui allait s’abattre sur Centerville : THE DEAD DON’T DIE – les morts sortent de leurs tombes et s’attaquent sauvagement aux vivants pour s’en nourrir. La bataille pour la survie commence pour les habitants de la ville.


Le dernier Jarmusch, promis comme un film de zombies par son affiche et son titre a de quoi surprendre. Véritable pied de nez au genre, ce n'est pas le film d'horreur qu'on peut en attendre, tout au contraire.

Et en même temps, ce film bourré de références est une véritable lettre d'amour, bien que parodique, aux films de Georges Romero dont il reprend beaucoup des propos et des critiques de l'Amérique consumériste. Un habile paradoxe !

Ecolo, déprimé, insignifiant, lent, anti-Trump, drôle, absurde, acerbe... ce film est une pépite qui ne se laisse pas découvrir à la première fouille. Il faut "tamiser" et le regarder sans à priori pour en découvrir toutes les subtilités. Comme dit plus haut, ce film est bourré de références au cinéma de genre de zombies. Et comme un autre long-métrage, Shawn of the Dead qui parodiait lui aussi le genre et la société anglaise, The Dead Don't Die s'en prend à l'amérique endormie de Trump.


L'action du film prend place dans une petite ville sans intérêt aux tréfonds des Etats-Unis : Centerville. Comme un concentré de l'Amérique avachie et oisive, indifférente au reste du monde et à l'état de la planète. Tout y passe : critique de la politique industrielle anti-écolo de l'actuel président, arrogance des puissants qui jouent avec le feu devant une population indifférente, matérialiste et totalement anesthesiée.


Porté par un superbe casting, qui a de quoi mettre la puce à l'oreille du spectateur habitué à voir certain de ces acteurs dans des films absurdes, on y retrouve pêle-mêle : Bill Murray, Tilda Swinton, Adam Driver, Chloé Sevigny, Steve Buscemi, Danny Glover entre autres. Bourré de Guests, vous y croiserez aussi Iggy Pop ou Tom Waits savament maquillés.


La réalisation et la narration quant à elles portent bien l'empreinte du réalisateur : lente, s'arrêtant sur des détails sans rapport ou mettant certains protagonistes dans des situation omnisciente, le film multiplie les paradoxes. Personnages au courant du script, radio passant toujours même chanson du film, nouvelle croquemort sortie tout droit de Kill Bill, zombies obsédés par la consommation et la répétition...

Mais ne vous y trompez pas, derrière l'humour potache, l'ambiance déprimante et l'étrangeté se cache un film qui a du sens : un regard sans concession sur nos vies, nos sociétés, la planète qui dérouille, et comme le dit Adam Driver tout au long du film : tout cela va mal finir.


Lord Kavern