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mercredi 20 mars 2019

Overlord, de Julius Avery


À la veille du débarquement, un groupe de parachutistes est largué en France occupée. Alors qu’ils luttent pour accomplir ce qui ressemble à une mission impossible, ils tombent sur un laboratoire secret dans lequel sont menées des expériences surnaturelles, aussi étranges que terrifiantes.

Overlord sort le 27 Mars 2019 en DVD, Blu-Ray et Blu-Ray 4K UHD. L'occasion pour L'Etrange Librarium de revenir sur ce film vu lors de sa sortie en salle.

Voici un film réalisé par un quasi inconnu (Julius Avery) et produit par J.J Abrams. Le postulat promettait un hasardeux mélange des genres, entre film de guerre et horreur zombie, mais s’avère au final fort surprenant.
Loin de tomber dans les poncifs des films de série Z, grands gignolesques ou bien d’action Pulp, mettant en scène des morts-vivants résultants d’effroyables expériences Nazies, le réalisateur d’Overlord a su au contraire faire de son long métrage un vrai film de guerre.


La narration, la mise en scène et les effets spéciaux n’ont rien à envier aux des super-productions du genre comme Il faut sauver le soldat Ryan ou le récent Dunkerque. Overlord nous plonge dès le début dans les codes du film de guerre tout en en brisant heureusement certaines conventions. Bien que mettant très vite le spectateur au coeur de l’action et des tirs de la DCA Allemande, le rythme d’Overlord sait se faire par moment plus lent. Ainsi, loin de déroger au genre, le film sait conserver et faire savamment monter la tension sans tomber dans l’affrontement à outrance ni basculer dans l’horreur débridée. On se prend vraiment à suivre cette bande de soldats parachutés au milieu d’un petit village français et qui découvrent petit à petit que les exactions de l’occupant Nazi sur la population cache un mystère plus atroce que les simples affres de la guerre.


Le casting de "Rookies", composé d’acteurs peu connus est tout simplement rafraîchissant. Pour déroger au genre, le héros du film Boyce est un jeune soldat noir (interprété par Jovan Adépo), épaulé par son meilleur ami juif Rosenfeld (Dominic Applewhite) et une bande de militaires interprétés par John Magaro, Iain De Caestecker et Wyatt Russel (le fils de Kurt Russell). Ce dernier a d’ailleurs le même niveau d’expressions et de répliques que son illustre père. Il y interprète Ford, un soldat baroudeur désabusé et très bagarreur qui vient parfaitement contrebalancer avec cynisme "la bande de troufions" menés par Boyce. Le méchant Nazi de l’histoire est interprété avec brio par Pilou Asbaek (découvert avec le rôle de Batou dans Ghost in the Shell).


Forcément, on ne peut s’empêcher de penser, en voyant ce film et son postulat "zombie/super-soldats", à la franchise de jeu vidéo Wolfeinstein, et comment celle-ci dans un registre Uchronique - Diesel punk, inspirée du Maître du Haut Château (de Philip K. Dick), a su influencer la Geek Culture et le cinéma.
Pour conclure, Overlord est une histoire d’horreur et de guerre, diablement simple et efficace. Julius Avery signe ici un coup de maître en réalisant un vrai film à la croisée des genres qui sait parfaitement en respecter les codes propres sans les dénaturer.
Lord Kavern


mardi 12 mars 2019

Captain Marvel, de Anna Boden et Ryan Fleck


Captain Marvel raconte l'histoire de Carol Danvers qui va devenir l'une des super-héroïnes les plus puissantes de l'univers lorsque la Terre se révèle l'enjeu d'une guerre galactique entre deux races extraterrestres.

Captain Marvel est à la fois la nouvelle super production du mythique studio de comics, la première adaptation en film d’un de ses super héros féminins et le dernier long-métrage avant le dénouement très attendu avec Avengers - Endgame.
Et comme dans les derniers opus la production a mis les petits plats dans les grands, tournant la franchise Avengers à l’apocalyptique avec un grand A, la nouvelle héroïne est "on ne peut plus badass !".


Captain Marvel : An Origin Story

Captain Marvel c'est avant tout l'histoire de pas moins de huit personnages de fiction ayant porté cette appellation et une grosse histoire de copyright.
Le nom de Captain Marvel était détenu jusqu'en 1953, date de sa fin de publication, par la société d'édition Fawcett Publications et désignait le personnage de Shazam crée par Clarence Beck dans les années 40. Ce personnage ne sera racheté qu'à partir de 1972 par DC Comics.
Entre temps un éphèmère héros, appelé également Captain Marvel, édité par Myron Fass Comics dans les années 70 amène Stan Lee à essayer de protéger le nom de sa maison d'édition. Il crée en 1967 Mar-Vell, un héros masculin Kree envoyé sur Terre comme espion, et qui se retournera contre son propre peuple pour protéger cette planète.
Après un an d'exploitation, le personnage n'est pas rentable, obligeant l'éditeur à changer radicalement son costume, ses pouvoirs puis finalement à mettre un terme à son histoire.
Par la suite, Marvel Comics, pour conserver les droits sur ce nom, surnommera plusieurs nouveaux personnage de "Captain Marvel" avant l’héroïne que l'on découvre dans le film : Carol Danvers. Cette dernière, créée en 1977, s’appellera au fur et à mesure des parutions Miss Marvel, Binaire, Warbird avant de recevoir finalement le titre de Captain Marvel en 2010. 


Du comics à la pellicule

Après la mort de Stan Lee en fin d’année dernière, le studio s’offre ici un hommage au génial scénariste dès le début du générique, le montrant dans chacune de ses apparitions à l’écran. 

Ce qui frappe tout d’abord dans Captain Marvel, outre le fait que le ton du film se veut plus sérieux qu’avec d’autres héros, sûrement pour donner une certaine carrure à l’héroïne, c’est le choix et l’emplacement chronologique de cet opus. Le long-métrage ne fraye quand même pas avec la trop grande sobriété, franchise Marvel oblige, et sait distiller de l’humour lors de ses scènes à l’aide de dialogues bien sentis et d’un atout félin incongru, sans jamais tomber dans le potache (Cf. Thor : Ragnarok). 

Ici, retour aux années 90, à la mode du grunge, du Hard Rock et de l’Indus’. Le film s’offre une bande-originale de circonstance et met en avant les groupes phares de l’époque tels que Nirvana, Guns N’ Roses et Nine Inch Nails. 

Le film se situe entre le premier Captain America et le premier Iron Man, et Carol Danvers (Brie Larson), qui n’est pas encore Captain Marvel, échoue sur Terre après avoir combattu ses ennemis pour y rencontrer Nick Fury.
Samuel L. Jackson endosse encore une fois le rôle du mythique agent du Shield… mais plus jeune ! L’effet spécial utilisé pour rajeunir l’acteur d’une vingtaine d’années est particulièrement bluffant et on se laisse transporter dans un revival d’années 90 plutôt convainquant tant au niveau des costumes, des véhicules que des décors.

La réalisation du film est grandiose mais manque parfois un peu de rythme pour bien tenir le spectateur en haleine. Les scènes s’enchaînent bien mais sont parfois inutilement longues. On ne demeure pas assez accroché à l’histoire pour s’inquiéter pour l’héroïne.
Brie Larson joue son personnage de façon particulièrement badass et orageuse (peut être pour mieux justifier comment elle va botter des culs par la suite…), mais sans faille, sans doutes, ce qui la rend distante et un peu "inhumaine". Après tout elle vient du peuple Kree…

Enfin Captain Marvel s’offre quelques clins d’oeils à d’autres films dans certaines de ses scènes comme celle du dogfight aérien dans les canyons que n’aurait pas renié Will Smith dans Independence Day.
Tout cela participe à faire de Captain Marvel une super-production avec une super-héroïne explosive, une digne alter ego de Superman venue d’un monde lointain et échouée sur Terre… pour mieux la défendre.
On attend impatiemment de voir comment Avengers-Endgame va conclure tout cela.


Lord Kavern