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vendredi 27 octobre 2017

Thor : Ragnarok, de Taika Waititi (2017)


Privé de son puissant marteau, Thor est retenu prisonnier sur une lointaine planète aux confins de l’univers. Pour sauver Asgard, il va devoir lutter contre le temps afin d’empêcher l’impitoyable Hela d’accomplir le Ragnarök – la destruction de son monde et la fin de la civilisation asgardienne. Mais pour y parvenir, il va d’abord devoir mener un combat titanesque de gladiateurs contre celui qui était autrefois son allié au sein des Avengers : l’incroyable Hulk…

L'étrange Librarium a eu la chance de voir en avant première Thor : Ragnarok, avant sa sortie en salle ce mercredi 26 Octobre 2017, au Cap Cinéma Carcassonne, notre partenaire.

Deux ans se sont passés depuis les événements cataclysmiques de Avengers - l'ère d'Ultron. Thor, le dieu de la foudre fait désormais cavalier seul et écume le cosmos en quête de réponses. Les pierres d'infinités et le Ragnarok qu'il voit en rêves approcher, occupent toutes ses pensées. C'est sur ce postulat que nous retrouvons le personnage du dieu de la foudre Asgardien, dans son troisième opus. 
Après avoir sauvé la terre de Loki, son frère puis du monde des ténèbres (sans compter les menaces qu'il a arrêté en compagnie des Avengers), c'est à présent l'apocalypse annoncée de son propre monde que Thor tente  de contrecarrer. Chris Hemsmworth remet l'habit du dieu Viking de l'espace sous la houlette du réalisateur Néo-Zélandais Taika Waititi, à qui on doit, entre autre, Green Lantern.

Le film démarre In Media Res, au coeur de l'action et le ton est vite donné : humour décalé et combats épiques vont rythmer celui-ci.
D'un point de vue de la réalisation, c'est très bien filmé. Le public n'a pas le temps de s'ennuyer entre les phases d'actions survoltées et les moments de retombées laissant part à une bonne dose d'humour et de dérision. 
La photographie, les CGI  et la mise en scène alternent habilement enfers désolés brûlants, monde d'Asgard tantôt futuriste tantôt digne des décors du Seigneur des anneaux, espace intersidéral et planète poubelle. 
L'esthétique est énormément rétrofuturiste années 80, dans les motifs, les coupes ou même certains designs (vaisseaux, objets, armures, etc…). 

Du côté des acteurs, on retrouve les très efficaces Chris Hemsmworth (dans le rôle de Thor) et l'agaçant Tom Hiddleston (dans le rôle de Loki). Viennent s'ajouter au tableau, Mark Ruffalo (dans la peau de Hulk), Cate Blanchett en Hella, déesse de la Mort, Tessa Thompson (l'atout guerrier et charme de l'équipe), Idris Elba, Anthony Hopkins, Karl Urban, Stan Lee et Benedict Cumberbatch entre autre…
A noté le rôle décadent et haut en couleurs de Jeff Goldblum campant "le Maître" du tournois des champions, qu'on avait pu apercevoir en teasing dans le générique de fin des Gardiens de la Galaxie, Volume 2.


Quand le film a été teasé, par les bandes annonces, affiches et PLV, cela sentait bon le film de superhéros nostalgique de l'imagerie des années 80. Tout comme ont  su le faire les Gardiens de la Galaxie 1 et 2 de James Gunn, Thor : Ragnarok veut faire le lien entre l'esthétique des comics originaux, un peu flashy, les codes esthétiques et vestimentaires des années 80 et l'époque actuelle afin de proposer une expérience visuelle et narrative pouvant fédérer les fans de la première heure tout autant que ceux qui ont découvert les Marvels par les films.

Mais force est de constater, que même si l'esthétique y est, le pari n'est pas aussi réussi que dans ces deux autres longs-métrages.
Là où "Les Gardiens de la Galaxie" avait réussi le tour de passe-passe de réunir une équipe de loosers de l'espace un peu improbables, de les rendre drôles, attachants et par moment diablement héroïques, Thor : Ragnarok loupe l'aspect référence à la pop culture des années 70-80 et introduit une trop forte dose d'humour potache. Les moments décalés, les gags ou les jeux de mots s'enchainent sans discontinuer au dépend de l'aspect sombre et épique de l'histoire qui malheureusement en pâtis. Les autres films d'Héros Marvel ont habilement sû doser cet humour (Tony Stark et son effroyable égo, Captain América et son décalage maladroit avec le monde moderne), permettant à ces adaptations de conserver une dimension sombre à leur histoire qui rend celle-ci encore plus haletante et le héros d'autant plus attachant. 

Le personnage campé par Chris Hemsworth a glissé doucement du Dieu de la foudre du comics originel, austère et hautain, à un jeune viking un peu goguenard, bagarreur et insouciant. Mais c'est ici dans ce troisième volet que la dose d'humour et d'autodérision prend une certaine ampleur comparé aux précédents. Les scènes de gag et les jeux de mots potaches sont tels que l'on s'approche plus par moment du ton de Deadpool que de celui des autres Avengers. 

Malheureusement, devant ce déballage de scènes cocasses, on a un peu du mal à trembler devant l'arrivée de l'apocalyptique Ragnarok et face à l'impériale puissance de la Déesse de la Mort Hella, tant l'humour potache s'installe lourdement (à la troisième évocation par les héros de "prendre l'anus de Satan" par exemple).
De même une superbe scène brûlante de Hulk, dépeinte dans le trailer de façon alléchante, laisse un peu le spectateur sur sa faim. 


De plus le film fait le pari de mettre en scène le Ragnarok en même temps que l'adaptation du comics "Le tournoi des Champions". Or seuls deux champions s'affrontent : Thor contre Hulk, tandis que les autres dépeints dans le comics originel manquent à l'appel. On ne peut qu'espérer redécouvrir le Ragnarok de façon plus approfondie dans un futur opus.

Malgré ce parti pris, qui ne plaira pas forcément aux amateurs de récits sombres, Thor : Ragnarok demeure un très bon film de divertissement très second degré. On passe un excellent moment à voir le dieu gaffeur de la foudre se dépêtrer de la situation dans laquelle il est tombé jusqu'à l'affrontement final apocalyptique prophétisé.

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