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mardi 30 août 2016

L.E.A., de Sandrine Bataille Vandoorne



Malgré une légère sensation de "déjà vu (lu, en l’occurrence)", le dos de couverture de L.E.A. constitue une alléchante promesse : "4025, Nouvelle Terre. Afin de préserver un monde utopique, chaque continent ignore l'existence des autres grâce à des frontières magiques. Les hommes n'ont que des pensées positives grâce à l'existence des rêveurs. Jusqu'au jour où une faille apparaît qui permet aux Ténèbres de refaire surface. Sur le Continent Dasure, les rêveurs et les hommes d'église disparaissent, laissant aux hommes un avenir morose et uniquement axé sur le travail. C'est dans cette ambiance que naît L E A. Manifestement, c'est une rêveuse. Va-t-elle disparaître à l'apparition de ses pouvoirs, au moment de la puberté, comme tous les autres ? Sera-t-elle celle qui sauvera le monde des Ténèbres ?"

Et, en effet, très belle découverte que cet ouvrage, dont le titre quelque peu énigmatique dissimule (un peu trop ?) la qualité et l’originalité.
L.E.A. est une œuvre surprenante, tant par le contenu du propos que par son style soigné, enlevé, limpide, fluide. La lecture est de ce fait particulièrement aisée et plaisante. Sandrine Bataille Vandoorne fait montre d’une belle maîtrise de la langue qui lui permet de captiver le lecteur en utilisant certains procédés stylistiques avec une grande finesse et beaucoup de simplicité.
Si, de prime abord, l’ouvrage semble s’adresser à des adolescents (caractéristiques des personnages, graphisme, etc), il peut sans conteste intéresser un large public, tant du fait de ses qualités d’écriture qu’en raison de la richesse et de la pertinence des thèmes abordés.

La principale protagoniste est parfois présentée de manière un peu caricaturale et manque par moment de nuances. Toutefois, la qualité de l’intrigue ainsi que l’atypicité, la richesse et le charme de l’atmosphère créée comblent largement ces très légers bémols.

Difficile de résumer ici l’univers déployé par l’auteur, car une description froide et succincte ne lui rendrait pas justice. L’ouvrage de Sandrine Bataille Vandoorne est un savant mélange de fiction et de (parfois triste) réalité. A travers son héroïne et ses aventures, l’auteur parvient à faire passer, de manière extrêmement intelligente et fine, un certain nombre de messages, de valeurs, sans tomber pour autant dans certains travers moralisateurs/donneurs de leçon. Les questions écologiques sont ainsi abordées à la fois avec vigueur et mesure. Il en va de même concernant la question de la normalité (ou anormalité) et du respect de la différence. L’héroïne vit ainsi sa cette différence à la fois comme un fardeau et une formidable opportunité. Elle mêle candeur, maturité, innocence et parfois cruelle lucidité dans sa perception du monde et de l’existence. L’auteur parvient à traduire cette complexe imbrication avec une brillante simplicité.

L’intrigue du roman est tout autant divertissante, rafraîchissante, dépaysante que propice à la réflexion. Tout en créant un univers très particulier, l’auteur nous conduit à nous interroger sur le nôtre. La figure de l’héroïne est source d’espoir, tant pour le monde imaginaire développé dans l’ouvrage que pour celui que nous connaissons et tentons actuellement de préserver.

Je ne peux que vous conseiller vivement la lecture de ce bel ouvrage aux qualités multiples, qui n’a rien à envier aux œuvres de certains maîtres de la fantasy.  Puisse l’auteur nous offrir de nombreuses autres perles de cet acabit !

Athina

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