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lundi 18 avril 2016

Don't grow up/Alone de Thierry Poiraud


Vu aux Utopiales (première française) dans le cadre de la compétition de longs métrages.

Œuvre franco-espagnole non sortie en salles, "Don’t grow up" de Thierry Poiraud aurait pu être un "survival" pour ados (+ de 12 ans toutefois) sans grand intérêt, comme le fait craindre le pitch. Un groupe d’adolescents placés en foyer dans une île au large de l’Ecosse se trouve soudainement livré à lui-même, les surveillants ayant mystérieusement disparu. L’absence des adultes plonge le groupe dans une certaine euphorie et les jeunes gens profitent un temps de leur liberté (scènes qui auraient d’ailleurs mérité d’être écourtées), avant de prendre la route vers la ville, en quête d’aide et de réponses. Ils découvrent alors que les habitants se sont transformés en zombies/prédateurs enragés attaquant et massacrant à tout-va. Pire, ce "virus" ne frappe que les adultes, les conduisant à tuer les plus jeunes. Dès lors, le petit groupe se trouve confronté à plusieurs questions essentielles, dont dépend leur survie : à quel moment devient-on adulte ?  Les membres du groupe sont-ils dignes de confiance ? A qui se fier ? Comment échapper à la contamination et quitter l’île ?

L’intérêt du film tient, en partie, à l’originalité de ces questionnements par rapport aux survivals classiques, d’autant que les images sont parfois brutales, sans concession, n’hésitant pas à montrer des infanticides.

Thierry Poiraud parvient, grâce notamment à un magnifique travail sur les lumières (chapeau à l’équipe technique !) et un style épuré, à créer une atmosphère qui embarque le spectateur, lequel, malgré un rythme assez inégal, ne s’ennuie pas un instant.  On retrouve ici la « patte » particulière des films d’horreur espagnols, qui ont souvent l’intelligence d’échapper aux principaux écueils du genre. On alterne ainsi moments suspendus, instants de grâce, et scènes puissantes et brutes, à l’image d’une vie adolescente. On garde en tête des images fortes, empreintes d’une saveur particulière, savant mélange de poésie, sauvagerie et mélancolie. L’interprétation des acteurs sonne particulièrement juste, sans minauderies inutiles. Elle est fraîche et sincère. Candeur et innocence se conjuguent à une grande brutalité des émotions, le tout servi par une ambiance prenante de temps suspendu, conférant une grande intensité à certaines scènes. Contrairement aux classiques des Teen Horror movies, "Don’t grow up" offre une véritable profondeur aux personnages, sans toutefois délaisser l’action.  Malgré l’absence de véritable suspense, ainsi que quelques longueurs, on prend plaisir à suivre les péripéties des personnages jusqu’au bout. Et, surtout, l’esthétisme du film reste en mémoire longtemps après la projection. 

N’hésitez pas à découvrir cette petite perle en DVD ! 

Athina

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