dimanche 9 avril 2017

Shangri-La, de Mathieu Bablet


Dans un futur lointain de quelques centaines d’années, les hommes vivent dans une station spatiale loin de la Terre et régie par une multinationale à qui est voué un véritable culte. En apparence, tout le monde semble se satisfaire de cette "société parfaite". Dans ce contexte, les hommes veulent repousser leurs propres limites et devenir les égaux des dieux. C’est en mettant en place un programme visant à créer la vie à partir de rien sur Shangri-La, une des régions les plus hospitalières de Titan, qu’ils comptent bien réécrire la "Genèse" à leur façon.

Signée Mathieu Bablet et publiée aux éditions Ankama en septembre 2016, Shangri-La est un récit de hard science-fiction transhumaniste.
Le prologue, le récit en lui-même et l'épilogue qui constituent cette bande-dessinée, prennent place à trois époques différentes fortement éloignées dans le temps.
On y suit Scott, un agent de Tianzhu Enterprises qui enquête sur de mystérieuses disparitions et des évènements étranges.

Mathieu Bablet nous livre un récit de hard science-fiction à la limite de l'anticipation transposant plusieurs travers de notre société actuelle dans un futur où l'humanité vit, mange et travaille au rythme de Tianzhu Enterprises (qui gère tous les aspects de la vie et de la consommation : TV, immobilier, banque, sport, alimentation...).
Mathieu Bablet est seul aux commandes de cette bande-dessinée de 224 pages dont il a assuré à la fois le dessin (encrage et colorisation) et le scénario. 

D'un point de vue scénaristique l'intrigue est habilement amenée. Le prologue déstabilise son lecteur avant de le plonger au coeur de l'enquête menée par Scott.
L'auteur livre un récit original qui met en lumière l'insignifiance de l'humanité (ses travers, ses défauts, ses accomplissements...) à l'échelle de l'Univers. Une oeuvre lourde de sens sur la direction que prennnent nos sociétés consuméristes et sur l'expérimentation scientifique débridée et ses dangers. Que vaut une humanité qui veut devenir l'égal de Dieu alors que son existence se résume à consommer pour exister, à diviser pour mieux régner ?

D'un point de vue graphique Mathieu Bablet opte pour un dessin stylisé mais extrémement détaillé, permettant une immersion totale dans son univers. De grandes cases sans dialogue, entrecoupant des planches plus classiques, immergent le lecteur dans l'immensité silencieuse du vide spatial renforçant l'idée que l'être humain se trouve tout petit face à ce qui l'entoure.
L'usage d'une couleur dominante par scène traduit bien l'ambiance des sas des vaisseaux, de l'intérieur des stations spatiales et du vide de l'espace mais aussi l'environnement émotionnel des protagonistes qui oscillent entre pleinitude, colère, peur et incompréhension.

Dans la droite lignée de bon nombre de récit s'inscrivant dans le même registre, Mathieu Bablet amène habilement son propos et fait de son oeuvre une bande-dessinnée originale au message intemporel.

Lord Kavern


2 commentaires:

  1. Coucou !
    D'habitude je ne suis pas spécialement fan des livres très futuriste mais je dois dire que ton article me ferait presque changer d'avis !

    Julie - Comme on est

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Bonsoir Julie (& Anthony !), n'hésitez pas à venir nous donner votre avis si vous vous laissez tenter par cette BD !

      Lady Fae

      Supprimer