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dimanche 4 novembre 2018

Morts suspectes (Coma), de Michael Crichton - 1978


Présenté dans la catégorie Rétrospectives aux Utopiales 2018

L'une des particularités du Festival des Utopiales est de s'attacher chaque année à proposer au public un large choix de films de grande qualité dans la catégorie "Rétrospectives". C'est l'occasion de découvrir où redécouvrir certaines œuvres, parfois peu diffusées ou injustement oubliées. 

Je n'avais jamais eu l'occasion de visionner "Morts suspectes", adaptation à l'écran du roman "Coma" de Robin Cook, et je dois dire que je suis bien heureuse d'avoir pu combler cette lacune grâce aux Utopiales ! Rien que la distribution est particulièrement alléchante : Geneviève Bujold, Michael Douglas, Richard Widmark ou encore Rip Torn se partagent l'affiche et donnent vie à un film qui, par sa structure et son rythme, aurait pu s'avérer lent et lassant sans leur talent pour exprimer toute la complexité (et la duplicité, pour la plupart) des personnages. 


Le décès soudain et médicalement inexplicable de sa meilleure amie conduit le Dr Susan Wheeler à émettre des soupçons quant à l'existence de dysfonctionnements voire de procédés malveillants au sein du Boston Memorial Hospital. Seule contre tous, elle se lance dans une enquête approfondie, allant jusqu'à mettre en péril sa propre vie. Geneviève Bujold est extrêmement convaincante dans son rôle (nominée pour le Saturn Award de la meilleure actrice en 1979) et sait intelligemment faire évoluer son jeu tout au long de l'intrigue. Michael Douglas parvient à faire naître des sentiments ambigus, tandis que Richard Widmark inspire crainte et angoisse avec brio. 

Le film joue efficacement sur une atmosphère hospitalière profondément machiste qui conduit à s'interroger sur les comportements de la jeune Wheeler : sa perception des évènements serait-elle seulement la résultante d'un comportement hystérique/paranoïaque présenté par les protagonistes masculins comme typiquement féminin ? 


Le film gagne progressivement en puissance, à mesure que les théories de Wheeler deviennent fondées. Des scènes marquantes utilisent intelligemment nos peurs les plus profondes : mort, claustrophobie… en les transposant dans le décor froid, aseptisé et effrayant de l'hôpital. Le réalisme cru est bien présent, notamment dans certaines images de salle d'autopsie. 

Plus qu'un véritable film de science-fiction, il s'agit essentiellement d'une sorte de thriller dans le style et le traitement du sujet. Visuellement très daté, ce film ne peut qu'en tirer un charme supplémentaire, qui permet de le ranger au rayon des classiques à visionner ! 

Athina 

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