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dimanche 5 mars 2017

Split, de M.Night Shyamalan


Kevin a déjà révélé 23 personnalités, avec des attributs physiques différents pour chacune, à sa psychiatre dévouée, la docteure Fletcher, mais l’une d’elles reste enfouie au plus profond de lui. Elle va bientôt se manifester et prendre le pas sur toutes les autres. Poussé à kidnapper trois adolescentes, dont la jeune Casey, aussi déterminée que perspicace, Kevin devient dans son âme et sa chair, le foyer d’une guerre que se livrent ses multiples personnalités, alors que les divisions qui régnaient jusqu’alors dans son subconscient volent en éclats.

En salle depuis le 22 Février nous avons pu voir Split au Cap'Cinéma de Carcassonne. M.Night Shyamalan signe là son douzième film en temps que réalisateur. Oscillant entre thriller horrifique et fantastique, Split surprend.

Derrière un scénario relativement simple (l'enlèvement de trois jeunes filles par un individu perturbé) le film plonge ses spectateurs dans un huis-clos angoissant.
L'enlèvement des trois adolescentes en lui même se déroule sur les toutes premières minutes du film laissant à penser que nous allons passer les 1h54 restantes dans une cave avec un type pas très net ! Il n'en est rien !
Alternant entre immersion dans l'antre et la folie de Kevin et retour au monde normal via les consultations chez le Dr Fletcher, M.Night Shyamalan entretient habilement le suspens.
Le spectateur se voit offrir ainsi quelques bouffées d'oxygène avant de replonger aux côtés des victimes séquestrées dans un lieu sordide où la promesse d'une échapattoire se résume à une fenêtre dessinée sur un mur !
Ces moments de répits lors des visites à la psychiatre permettent de présenter le personnage complexe qu'incarne avec génie James McAvoy. Ce ne sont pas moins de 23 personnalités qui cohabitent dans l'esprit torturé et le corps du ravisseur. Et une 24ème apparaît durant le long-métrage.
Si le choix a été fait de ne développer qu'une demie-douzaine des ces personnalités à l'écran, le jeu de James McAvoy n'en est pas moins bluffant. Il n'a aucune peine à passer de l'un à l'autre des ses hôtes dans un même plan séquence : de la rigide Patricia à l'angoissé Dennis en passant par Hedwig, 9 ans et qui a "des chaussettes rouges", l'acteur signe une très belle performance tant d'un point de vu physique que dans l'aspect psychologique des différentes individualités qui se partagent un seul et même corps.


Les acteurs secondaires ne sont pas en reste et font face avec brio à la prouesse de l'acteur principal. La psychiatre inteprêtée par Betty Buckley, et Anya Taylor-Joy jouant Casey Cook rivalisent de talent : l'une pour découvrir le secret de Kévin, l'autre pour survivre à la Bête ! 
Un casting fort convaincant dans lequel s'invite comme à son habitude le réalisateur mais aussi un invité surprise dans une scène post-générique pour un twist final qui nous questionne encore*.

Si le film s'appuie sur la performance d'acteur de James McAvoy, l'esthétique du film n'en demeure pas moins de qualité. M.Night Shyamalan a le souci du détail et du travail bien fait. Chacun de ses films est attendu avec l'impatience inhérente à tout chef-d'oeuvre.
La musique du compositeur West Dylan Thordson, se veut discrète mais efficace, accompagnant à la perfection l'ambiance angoissante et pesante de ce thriller.

M.Night Shyamalan avait habitué son public à des revirements de situations dans les toutes dernières secondes de ces productions : nous avons donc attentivement scruté les moindres indices tout au long du film, y allant de nos hypothèses les plus folles. Cependant Split fait figure d'exception en livrant une explication logique au postulat de départ.
Pour autant le réalisateur offre aux spectateurs un long-métrage fort réussi, haletant et admirablement porté par des acteurs talentueux et une mise en scène soignée.

Lady Fae et Lord Kavern

*nous vous en parlerons après avoir revisionné une partie de l'oeuvre de Shyamalan.