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dimanche 1 septembre 2013

Elysium, victime d'une incohérence annoncée

!!! ATTENTION SPOILS !!!


Film de Neill Blomkamp (District 9).

2154, la Terre, vaste décharge à ciel ouvert, est devenue un bidonville géant. Misère et petits boulots sont le quotidien des terriens qui survivent tant bien que mal. Le crime, la délinquance et la pauvreté règnent en maître. C'est là que vit notre héros Max (Matt Damon) ouvrier dans une entreprise fabriquant des robots-soldats.
Les plus chanceux (et fortunés !) ont quitté la Terre pour rejoindre Elysium, citée orbitale luxueuse bien gardée par des forces armées (les fameux robots fabriqués sur Terre) sous le contrôle de Melle Delacourt (Jodie Foster).

Neill Blomkamp est dans son univers : on retrouve son décor fétiche, le bidonville, déjà présent dans District 9. Mais cette fois ci ce sont des humains sans le sous qui sont condamnés à y (sur)vivre. 
Max, le héros a été élevé par des soeurs dans un orphelinat au côté de Frey (jouée par Alice Braga). Inséparables, il lui a juré qu'un jour il l'emmènerait sur Elysium. Quelques années plus tard on retrouve notre héros qui a plutôt mal tourné : vols, prison, en liberté conditionnelle... Il s'est rangé et travaille désormais pour l'entreprise de John Carlyle (William Fichtner) : Armadine. Manque de bol Max a un accident du travail (exposé à de fortes radiations) et apprend qu'il ne lui reste que 5 jours à vivre.
Tout s'enchaîne, il retrouve son amie d'enfance, Frey, devenue infirmière et maman d'une petite fille atteinte de leucémie. Le seul espoir de nos deux malades est de quitter la Terre direction Elysium et ses Med Box (machines capables de soigner toutes les affections).
Pas si simple quand on sait qu'Elysium est ultra protégée par les robots de Carlyle sous le commandement de la Secrétaire Delacourt.
Max se voit affublé d'un exo-squelette, on lui promet un ticket pour l'espace en échange d'une dernière mission (voler des données dans le cerveau de Carlyle). Vous vous en doutez tout ne se passe pas exactement comme prévu.
Poursuivi par un mercenaire (interprété par Sharlto Copley, vu dans District 9) mandaté par Delacourt, il se retrouve quand même sur Elysium avec Frey et sa fille (comme quoi il tient bien ses promesses !!!). Notre héros s'auto investit d'une mission : donner accès aux Terriens au paradis d'Elysium et à ses soins médicaux de pointe. 

Malheureusement toutes ces bonnes idées ne font pas du film le succès escompté. Trop de longueurs et d'incohérences sont présentes. On se demande dans les scènes de combats sur Elysium où sont donc tous les robots-soldats (pourtant fabriqués en quantité industrielle par l'entreprise de Carlyle). 
Frey, infirmière dans un hôpital sur Terre, a une maison plutôt sympa avec écran plat et matériel médical pour soigner sa fille (on vous rappelle au passage que la Terre est devenue un parfait bidonville !).
Les personnages ne sont pas à la hauteur. On s'attendait à une Jodie Foster glaciale en Secrétaire des forces armées, imbuvable à souhait ; son mercenaire Kruger était attendu complètement fou et dangereux : il n'en est rien. Notre héros est mou et sans grande conviction. Chacun des personnages ne va pas au bout de ce qu'il est ce qui leur fait perdre en crédibilité.
Le héros part d'un bonne intention (enfin il y va surtout pour sa gueule vu qu'il va mourir) : donner accès à Elysium à tous les Terriens. Mais la Terre est surpeuplée et on se demande bien où il a l'intention de mettre tout ce petit monde !

Neill Blomkamp nous avait surpris dans District 9, pour Elysium on tombe clairement dans le cliché : tout y est : le héros amoureux de son amie d'enfance "qui a une vie compliquée", le vilain mercenaire "tout pas beau" envoyé par une chef des armées sans coeur. Ce n'est pas le côté cliché du film qui ennuie le spectateur mais plutôt le fait que rien ne tient vraiment la route. Le scénario ne nous tient pas en haleine et il n'y a même pas le côté film à grand spectacle pour rattraper le tir. 
A mon goût un film parfaitement ennuyant qui m'a laissé tout loisir de préparer cette chronique.... pendant la séance !!!

Lady Fae



Je viens apporter une pierre à la critique de Lady Fae : quelle déception, tout le film tient dans cette bande annonce, rien de plus !

Celle ci promettait un excellent film de SF, une fable intelligente exacerbant les problèmes de société dans un monde où le fossé entre richesse et pauvreté s'est drastiquement creusé.

Autant District 9 était porteur d'un message : une intelligente allégorie de l'apartheid, et dépeignait des extraterrestres paumés et naufragés pris à partis par un anti héros carriériste et raciste. Autant Elysium, peine à se départir de clichés : les riches contre le Tiers monde, le héros issus de la fange qui va sauver le monde (enfin, il veut surtout sauver sa peau, envers et contre tous, pendant tout le film. Un soupçon d'humanité à la fin du film ne sauve pas le scénario), la méchante secrétaire à la défense au coeur de pierre in-défendue par ses propres armées de robots, bref ...

Pourtant, pleins de bonnes idées étaient là : Caméra dynamique, pour suivre le héros derrière son épaule, au plein coeur de l'action (le film en manque et traine en longueur), technologies inspirées de la littérature Cyberpunk (William Gibson, & co) mettant en scène des Charpentes linéaires (exo-squellettes), implants crâniens, pour vols de données et armement high Tech. Sharlto Copley (Kruger) joue le rôle pendant un bon début du film d'un Solo/Samuraï des rues (Tueur à Gages des univers Cyberpunk) mais tombe rapidement dans le grotesque et la caricature : Pa-thé-tique ! Le plus inefficace vilain de l'histoire du cinéma. 

Pour conclure, le film frappe par ses multiples incohérences, pour n'en citer que quelques unes : 
- Héros irradié, malade à souhait qui pète la forme tout le restant du film après son opération cybernétique.
- (Charcu) Doc, qui est à la fois Pirate informatique, soldat d'élite, bref...
- Armée de robots absents des scènes de batailles. On se demande vraiment pendant tout le film où ils sont, y compris lorsque la Secrétaire à la défense passe l'arme à gauche. 
- Base d'Elysium, armée jusqu'aux dents, qui a les moyens d'abattre des vaisseaux de Boat Peoples, mais où on entre comme dans un moulin.
- Espace aérien fermé qui n'empêche personne de voler, finalement.
- Ami du héros, pirate informatique qui se dit lui même, incapable de craquer le cryptage des données en moins de 5 jours mais qui le fait, finalement, en  moins deux minutes, à la fin du film.
- Et j'en passe, la liste est longue...

Comme quoi, ce n'est pas quand on a un budget 3 fois plus gros que District 9, que l'on peut faire forcément mieux.  Si vous ne voulez pas perdre de l'argent en allant voir ce film, passez votre chemin !
Lord Kavern

4 commentaires:

  1. Yop !

    J'suis pas du tout d'accord, mais comme toute critique n'est jamais vraiment une critique car ici il s'agit plus d'un avis, j'vais répondre un peu à tout ça pour sans doute arrondir les bords au maximum.

    A aucun moment je ne me suis ennuyé dans le film en ce qui me concerne. Le comparer à District-9 est parfaitement légitime puisqu'on se croirait "presque" dans une suite. S'il y a une chose que je n'aime pas en revanche dans vos avis c'est ça : les incohérences.
    Neill Blomkamp a un souci du réalisme qui marche à la perfection et dire le contraire c'est vraiment ne pas réfléchir et aller voir ses films comme de simple blockbuster à la Michael Bay...
    Le héros qui pète la forme après son opération ? Non, il prend juste ses médicaments (de l'an 2154 et donc sans doute 1000 fois plus performant que les nôtres aujourd'hui...).
    Le docteur qui est pirate, soldat d'élite (soldat ? d'élite ? il prend juste un flingue quoi...), j'ai des potes qui sont géologues et qui savent faire de la prog' et donc seraient tout à fait capable de faire du piratage, où est l'incohérence dans le fait d'avoir plusieurs capacités ? Comprends pas. Ou alors c'est de la mauvaise foi ?
    L'armée de robot, je plussoie le fait qu'il n'y en ai pas plus, de là à se demander où ils sont, je trouve ça un peu abusif, il y a des interventions à chaque attaque.
    Concernant la base d'Elysium où on entre soit-disant comme dans un moulin, c'est juste totalement faux... La première fois, la secrétaire à la défense refuse d'utiliser les armes de la base donc oui un vaisseau passe... La 2ème fois, tous les systèmes ont été piratés, je le rappelle.
    L'espace aérien fermé ? Si tu parles du début du piratage, je rappelle encore une fois que le système est rebooté ensuite et que les vaisseaux utilisés par les pirates sont reliés au réseau, les empêchant de décoller lors du hack.
    L'ami du héros ne dit pas qu'il est incapable de craquer le cryptage des données en moins de 5 jours et ne le fait pas en moins de 2 min à la fin du film, non. Il ne peut pas le faire dans sa base A CAUSE de la fermeture du système. A la fin du film, le système est rebooté et il se trouve dans l'ordinateur principal où il peut donc simplement branché le PC aux données...
    [suite]

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    1. A la limite vous voyez, la seule incohérence qu'il y a vous ne l'avez même pas citée... Le pirate super crack sait où se trouve la salle de contrôle comme si il y était déjà allé, c'est la seule chose étrange et un peu facile.

      Concernant Sharlto Copley, je refuse d'entendre que sa prestation est mauvaise, c'est carrément faux et l'ennui que vous avez éprouvé pendant le film fausse carrément toute possibilité d'émettre un jugement critique et donc objectif, ça relève plus de la mauvaise foi qu'autre chose à ce niveau là...

      Concernant le scénar'... Que dire si ce n'est : pourquoi descendre un film sur un scénario qui dans les grandes lignes, se veut simpliste ? On pourra dire ce qu'on veut mais l'histoire raconte bien plus que "les riches contre les pauvres". Ne voir que ça du film, c'est clairement abusif. On retrouve tout un système politique où la ministre à la défense est corrompue et avide de pouvoir, un système de privilégié riche qui peut continuer à vivre bien parce que la surpopulation terrestre empêche clairement le développement, et NON le héros n'est pas un héros. Dans le scénario, à aucun moment il ne veut aller sur Elysium pour sauver les gens, il y va pour lui, et le message que l'enfant lui fait passer est rappelé à la fin parce qu'au final, il se rend compte qu'il est simplement condamné quoiqu'il fasse et le seul choix qu'il a c'est de sauvé ou non tous les citoyens terrestres.

      De toute façon, en lisant les critiques et en voyant que :
      - D'une, vous spoilez la fin alors que bah... Ca se fait pas...
      - De deux, vous survolez tous les détails qui font que justement NON le film n'a pas d'incohérence notable à part celle citée plus haut.

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    2. Ici, dire que Elysium est vraiment mauvais quand on a adoré District-9, c'est paradoxal. Pourquoi ? Parce que les 2 films sont construits de la même façon, c'est aussi pour ça que vous ne trouvez finalement pas beaucoup de surprises dans Elysium. J'vais faire simple :
      - L'Univers pauvre qu'on retrouve dans les 2 (bidonvilles donc), la différence c'est que dans Elysium, la ville pauvre est aujourd'hui une ville riche, la vision du futur qu'il apporte est très pessimiste mais aussi réaliste parce que dans 140 ans, qui peut affirmer que notre monde ne sera pas plongé dans une surpopulation aussi poussée ?
      - L'anti-héros. Dans District-9 il est "raciste" et l'accident le rendant malade le motive à aider un extra-terrestre pour ne pas mourir là où dans Elysium, Max tombe malade à cause de son travail (la situation est quasi identique à un détail près, Max savait que ce qu'il allait faire était dangereux). Les 2 sont motivés par une volonté égoïste et se détourne vers la lumière à la fin pour un projet plus grand : sauvé une civilisation.
      - La construction du film. Dans District-9 on a toute une partie journalisme. C'est l'intro du film où au final, il ne se passe pas grand chose à part l'introduction de la situation et des personnages principaux. Dans Elysium, on reste dans un tournage typé film classique avec une caméra extérieure à l'histoire, mais l'introduction a un but identique comme dans tous les films, seule la forme change évidemment et dans les 2 cas, l'anti-héros vit sa vie et fait simplement son travail. Il lui arrive un souci le rendant malade, dans District-9 il mute, dans Elysium, il apprend qu'il est condamné à mourir. Il est finalement motivé pour se sauver la vie dans les 2 cas, et il va se tourner vers un autre personnage, dans District-9 c'est l'extra-terrestre, dans Elysium c'est le hacker. Tous les 2 confient à l'anti-héros un moyen de se sauver et dans les 2 cas il passe par l'aide que l'anti-héros peut leur apporter. Il reste malgré tout totalement motivé par leur désir de sauver leur peau et arriver à un certain stade du film, il évolue et finit par changer son but parce qu'il se rend compte dans les 2 cas que sa cause est perdue. Dans les 2 cas on a cette séparation du Monde en 2 partis avec des personnes rejetées, un aspect politique important (D-9 c'est avoir l'armement alien, dans Elysium c'est la prise de contrôle de la station).

      Les seules différences résident dans le méchant principal, d'un côté on a le bâtard de base qui déteste les aliens et aime tuer mais fait simplement son travail de façon radical, de l'autre on a un ancien psycopathe, tueur, violeur, qui a été engagé parce qu'il est bon dans ce qu'il fait. L'autre différence c'est le sort du personnage principal qui diffère.

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    3. Dans les 2 cas, le message qui est passé est quasiment le même : dans District-9 il s'agit d'un message politique contre le racisme et l'isolation d'une race particulière ainsi que la remise en cause de l'humanité. Quand on dit qu'on a de l'humanité, ça sous-entend qu'on fait preuve de compassion, d'empathie, seulement ici l'industrie où travail Vikus, le personnage principal, est prête à le sacrifier pour l'argent, et tue des extra-terrestres pour faire des expériences sur l'utilisation des armes aliens. Ainsi on se demande pourquoi l'humanité est appelée ainsi quand les objectifs de l'entreprise sont aussi égoïstes et quand on voit que les plus gentils sont les extra-terrestres. Dans Elysium, le message est politique aussi, il concerne la séparation d'un monde en 2, à savoir les pauvres et les riches comme la société le ferait sans aucun doute comme on peut le voir dans tout film catastrophe et ce n'est pas un cliché, c'est une logique : Si un jour un choix était à faire, l'Homme choisirait de sauver les personnes qui ont le plus de connaissances. Et les personnes les plus riches se sauveront elles-même car toute richesse apportée permettra d'acheter des ressources que ce soit à la construction de choses particulières où de simples ressources vitales.
      En bref, Elysium est dans la même veine que District-9. Il reste ainsi un jugement subjectif parce que les personnages sont différents malgré une Jodie Foster en-dessous de ses capacités, Sharlto Copley et Matt Damon joue leur rôle à merveille, Frey reste très en retrait mais on se laisse malgré tout prendre au jeu, l'histoire n'est pas la même et peu accrochée plus ou moins le spectateur, et le rythme reste relativement bien soutenue malgré quelques longueurs.

      Si j'ai adoré District-9, j'ai trouvé Elysium légèrement moins bon malgré que je l'ai trouvé magistral et doté d'un final magnifique. C'est subjectif par rapport à tout ce que j'ai dit précédemment évidemment, mais il n'en reste pas moins un jugement objectif plus haut qui ne peut que me pousser à vous conseiller le film, bien que "tardivement", car le message qu'il fait passé est assez important aujourd'hui et qu'il s'avère être très efficace dans le genre de la science fiction que l'on accordera directement à Neill Blomkamp, tant sa vision dans ses films lui reste propre et fidèle à lui-même.

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