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lundi 9 juin 2014

Interview de Rémy Brument-Varly


L'Etrange Librarium : Bonjour, pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre parcours, présenter votre roman à nos lecteurs ? (diplôme, expérience professionnelle, bibliographie) ?

R.B.V : Bien vaste question ! Après des études de Lettres à Rouen, j’ai travaillé près de dix ans dans une association caritative dans l’encadrement des actions des bénévoles en Seine-Maritime, dans le Nord, puis dans l’Eure.
Je suis ensuite revenu à mes premières amours en m’engageant dans la voie de l’enseignement. Depuis 2004, j’enseigne le Français et l’Histoire-Géographie en Lycée professionnel sur Evreux.
Bien évidemment, je n’ai jamais cessé de m’adonner à mes quatre passions : l’écriture, la musique, le théâtre et l’édition. Quatre activités profondément ancrées – encrées ? – dans mon amour des mots et de leur transmission.
"Alexis et le livre clos", n’est pas mon premier livre, bien que le premier en jeunesse. J’ai déjà publié deux romans d’anticipation ("Grimes", Editions du Papillon Epinglé, et "Abîmes", Le Rire du Serpent-Cabane d’édition), deux livres de témoignage, un recueil de poésie et une participation à plusieurs publications d’ouvrages collectifs de nouvelles policières.
Alexis et le livre clos est un ouvrage que j’ai mis plus de huit années à écrire. Je cherchais à créer un univers qui me corresponde et à faire passer quelques idées de tolérance et de liberté sans paraitre moralisateur. Je ne sais pas si j’ai réussi, mais j’ai décidé qu’il était temps de libérer Alexis et de l’envoyer vers un jeune public dont j’attends avec impatience la réaction…
E.L : Quelles sont vos sources d'inspiration ? Vos "maitres" et coups de Cœur en littérature ?

R.B.V : La référence faite dans votre chronique à "Farenheit 451" de Ray Bradbury me plait assez, bien qu’elle ne me soit pas venue à l’esprit au moment de l’écriture, peut-être dans mon inconscient…
Mes inspirations sont très diverses. Pour l’écriture, j’ai fait mes premières armes en lisant Paul Celan, Annie Saumont, Paul Fournel ou Boris Vian (je pourrais en remplir des pages car à partir du Lycée j’ai eu une boulimie de lecture, puis d’écriture). Naturellement, des auteurs comme Georges Pérec ou Samuel Beckett me fascinaient par leurs jeux sur les mots et le bouleversement des codes traditionnels. Et puis Sébastien Japrisot, JMG Le Clézio, Daniel Pennac, …
J’ai découvert assez tardivement la Science-Fiction avec Franck Herbert (l’adaptation cinématographique de David Lynch a très bien su compléter la longue saga du maître), Isaac Asimov (Les Robots et Fondation) et bien entendu Tolkien avec son univers incroyable.
Je rajouterais également les univers d’Hubert-Félix Thiéfaine ou d’Alain Bashung, Charlélie Couture ou Les Têtes Raides… Autant d’univers incroyables en si peu de mots…

E.L : Et coups de cœur cinématographiques... ?

R.B.V. : Je parlais plus haut de David Lynch. Je rajouterais volontiers Tim Burton, Jean-Pierre Jeunet, Abdellatif Kechiche et tant d’autres. Je vais souvent au cinéma, je regarde souvent des vidéos et en partage avec mes élèves…

E.L : Qu'est-ce qui vous a amené à écrire ?

R.B.V. : L’ennui. Avant 20 ans, je sortais peu et passais de longues heures dans ma chambre à écouter de la musique et à rêver. C’était peu productif ! L’écriture m’a permis de remplir ces vides. Depuis, je suis boulimique de travail. Dès que je m’assois dans un canapé, c’est que je ne vais pas tarder à me lever.

E.L : Vous avez créé votre maison d'édition le Rire du Serpent, pouvez-vous nous en parler ? (date de création ? pourquoi cette envie ? cette création répondait à un manque, un besoin des auteurs ?)

Le Rire du Serpent est ma deuxième expérience dans l’édition. Avec quelques amis nous avions déjà créé Les éditions du Papillon Epinglé qui ont fermé leurs portes en 2005. Le mode associatif devenait trop prenant. Les réunions ne pouvant pas se faire la nuit… Aujourd’hui, en tant qu’auto-entrepreneur, c’est possible.
Ce qui me passionne dans ce métier, ce sont les rencontres, les projets partagés. Le plaisir dans les yeux d’un auteur qui présente son livre lors d’un salon ou d’une dédicace en librairie.
Le mode de fonctionnement que j’ai choisi me procure une réelle liberté. Un texte me plait, je le publie. Je n’ai pas de collection pour l’intégrer, j’en crée une… Cela m’a permis de publier des livres peu orthodoxes, comme celui de Didier Durmarque ("La Liseuse"). Ce livre est un vrai OVNI (ou plutôt OLNI). Il traite de la Shoah en utilisant un mélange de prose et de théâtre.
Quant à combler un manque, à répondre à un besoin dans le monde de l’édition, je n’ai pas cette prétention. Le monde de l’édition et du livre en général va mal. C’est d’ailleurs le thème sous-jacent d’Alexis et le livre clos. Mais ce n’est pas ma cabane d’édition qui va le sauver. J’ai plus de chance que certains éditeurs car ma structure peut s’adapter facilement. Je n’ai pas de charges autres que les frais de conception et de fabrication (et les impôts…). Si je ne publie pas pendant six mois, il n’y a pas de frais fixes.

E.L : Comment s'organise le travail autour de l'écriture ? Avant après la publication ? Pendant l'écriture : un moment de la journée où vous écrivez le mieux ? Un rituel autour de l'écriture ?

R.B.V :En général, je passe de longues semaines à ne rien écrire et à cogiter sur un thème, une idée. Je construis dans ma tête les personnages principaux et je les imagine évoluer dans l’univers que j’ai créé.
Ensuite, je me lance dans un premier jet qui souvent s’arrête au bout d’une soixantaine de page. Ensuite, je laisse reposer plusieurs semaines, voire plusieurs mois et ensuite je le relis avec un regard étranger. Je redécouvre des éléments que j’avais oubliés. Je m’autocritique et je peux commencer le vrai travail d’écriture.
Je fais très attention à la construction, à l’équilibre des chapitres (les miens sont souvent très courts) et à leur enchainement.
Et enfin, je choisis une personne digne de confiance pour une relecture. Par exemple, le tome 2 d’Alexis est actuellement en relecture à la Librairie Quai des Mômes à Louviers (27). Stéphane Lemaitre, le libraire, a une vision de son métier et un amour des livres qui m’ont immédiatement impressionné.

E.L : Autre chose à nous faire partager vous avez carte blanche ! (remerciements, un mot sur la maison d'édition, retours que vous avez eu de vos lecteurs, ce qui vous plait en SF ? Ce que vous souhaitez transmettre en écrivant ? Récompenses ou prix reçu pour votre livre ? Invitation à visiter votre blog, futurs projets ? ....)

R.B.V : En ce moment, je travaille avec Stéphane Lemaitre sur la mise en place d’un dispositif à destination des écoles et des collèges pour la rentrée scolaire. Le projet porte le nom de « Ecrivains pour apprendre » et proposera deux lectures dans l’année ("Alexis et le livre clos" et "Maëlys et les gens des caravanes" d’Antoine Blocier, Editions Krakoën). Un concours de nouvelles dans l’univers d’Alexis est lancé. Le gagnant sera publié dans le tome 3 en bonus en octobre 2015.
Et bien sûr le tome 2 : "Alexis et le trésor perdu" paraitra en octobre prochain…
Merci d’avoir parlé de mon travail. J’ai rarement des retours sur ce que j’écris…

Propos recueillis par Lady Fae

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