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mardi 18 novembre 2014

Interview de Michael Moorcock, Utopiales 2014



L'Etrange Librarium : Depuis la genèse d'Elric, votre anti-héros le plus connu, comment voyez-vous l'évolution de la littérature fantastique ? 

Michael Moorcock : Je pense que c'est devenu un genre à part entière, codifié avec des règles et des attentes spécifiques. Quand j'ai commencé à écrire c'était encore un genre nouveau qui n'était pas  jalonné par des règles strictes. Il est inévitable quand un genre devient populaire qu'il se codifie.

E.L : Quand vous avez créé Elric et les autres champions éternels du Multivers pourquoi avez-vous principalement choisis de faire des anti-héros plutôt que des héros ? Etait-ce plus dans l'ère du temps ? 

M.M : Je ne sais pas vraiment, si ce n'est que les anti-héros me paraissent plus intéressants. En effet la plupart des anti-héros sont créés car nous avons besoin de connaître nos ennemis : nous sommes attirés par ce qui nous fait peur et ce qui nous intrigue. On a tous un penchant pour la violence plus que pour le héros lui-même.
De plus les anti-héros de la littérature fantastique ont à mes yeux plus de qualités romantiques.
En Angleterre au moment où j'ai créé mon personnage de Dorian Hawkmoon (pour le cycle d'Hawkmoon) il y avait encore un très fort sentiment anti-Allemand. J'ai trouvé amusant de prendre le contrepieds de ce ressenti en faisant de mon héros un Allemand, que l'action se passe principalement en France (en "Kamarg") et que l'ennemi soit la Grande-Bretagne sous la forme d'un empire du mal.

E.L : Ce n'est pas la première fois que votre roman est adapté sous d'autres formes. Qu'est ce qui diffère dans cette nouvelle adaptation signée Julien Blondel, Jean Bastide, Didier Poli, Robin Recht (Tome 1) et Telo (Tome 2) ? 

M.M : Qualitativement c'est la meilleure adaptation qui ait été faite. En partant de l'histoire et des personnages, Julien Blondel a fait des propositions permettant d'enrichir le récit au lieu de le suivre à la lettre comme je l'avais écrit. Les puristes se plaindront des libertés prises mais tous ces changements apportent au récit et je suis très satisfait de cette nouvelle transposition.
Il avait déjà été question d'adapter Elric : Philippe Druillet fut le second à proposer son projet après un de mes amis mais ce n'était pas vraiment Elric. Cela n'a donc pas vu le jour. Cependant il y a eu différentes adaptations en comics.
Julien Blondel arrive de l'univers des jeux qui demande une grande discipline pour écrire. J'ai moi-même écrit pour l'industrie du jeu et c'est plus facile qu'avec les gens d'Hollywood qui n'ont aucun sens de la structure indissociable à l'écriture dans le monde du jeu. Je trouve dommage que les jeux ne soient pas adaptés plus souvent au cinéma.
Julien Blondel a réussi cette adaptation en appliquant le côté structurel de son univers d'origine au projet BD.


E.L : Science-fiction, fantastique : qu'est-ce qui vous attire dans ces genres ? Quels sont vos livres, films et auteurs favoris ?

M.M : J'ai beaucoup aimé "Battle Beyond the stars" sorti en 1980, j'ai un goût prononcé pour la science-fiction "merdique" ("crappy science-fiction" selon Mr Moorcock lui-même). D'autres films comme Melancholia de Lars Von Trier mais aussi John Carter (que j'ai vu trois fois !) et Solomon Kane font partie des oeuvres que j'affectionne. 
Concernant les web séries j'ai été agréablement surpris par Lab Rats.
J'ai une tendance à préféré les histoires de science-fiction où on en arrive à se questionner sur notre existence plus que les films futuristes eux-mêmes.
En littérature un de mes auteurs favoris est Edgar Rice Burroughs.

Propos recueillis et traduis par Lord Kavern et Lady Fae aux Utopiales 2014.

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