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samedi 7 mars 2015

Interview de Stéphane Artus, réalisateur de "The Faun Of Healwood"


L'Etrange Librarium : Bonjour, pouvez vous vous présenter et présenter le projet du court-métrage intitulé "Dans les Bois" ("The Faun of Healwood") ?

Stéphane Artus : A 18 ans je suis une formation d'Arts plastiques à L'Ecole des Beaux-Arts de Toulouse. Dès le fin de mon cursus après l'obtention d'un diplôme avec les félicitations du jury, en 1996, j'intègre L'Ecole Européenne Supérieure des Arts et Technologies de L'Image de Poitiers.

Pour mon diplôme de fin d'étude en 1998, je réalise "Exsequi V", court-métrage de science-fiction illustrant une société régie par une dictature ecclésiastique qui obtient la mention du jury. Je filme les comédiens sur fond bleu et je les incruste dans des décors en 3D que je créé moi-même. Ce film a été selectionné dans plusieurs festivals (Festival Interational de Science-Fiction de Nantes, The London Effects and Animation, L'Etrange Festival de Paris, Le Festival de Science-Fiction de Roanne, le Festival International de Liège, 4ème Lauréat avec le Prix du Centre Culturel Les Chiroux). 
Je conçois des habillages pour la télévision, des storyboards pour la publicité, des illustrations pour des projets de longs métrages, séries TV et spectacles de comédies musicales. Je réalise des making-off pour de nombreuses captations de pièces de théâtre et je me suis spécialisé en tant que cadreur/JRI. 

Mon second court-métrage, "Le Coureur", est une comédie d'action. J'ai ensuite réalisé un clip humoristique, "Coeur Eolienne", interprété par la chanteuse Cynthia Prion. Cette vidéo, issue du projet de court-métrage "Les aventures de Cynthia Prion" avec la comédienne Camille Chamoux, est produite par La Terre Tourne.

Je travaille depuis 4 ans sur le court-métrage "The Faun of Healwood". L'histoire se passe durant la période de l'entre-deux guerres. Une jeune femme voit son fiancé accidenté le jour de leurs noces. Pour le sauver elle doit récupérer un élixir situé dans la forêt du Bois-Guéri. Elle y fera une rencontre fascinante : celle d'une créature fantastique, un Faune qui va tenter de lui faire oublier sa quête.



Durant la campagne de financement participatif, nous nous sommes apperçu qu'il fallait changer de cap (c'est notre première campagne de crowdfunding international) et développer une nouvelle histoire afin de revenir à un budget plus réaliste. De plus cette dernière permet d'être une bonne introduction à l'univers.

E.L : Ce court-métrage s'annonce comme un véritable travail d'équipe. Pouvez-vous nous présenter les différents protagonistes qui travailleront main dans la main pour mener à bien ce projet?

S.A : Au départ nous étions deux : la comédienne Lucile Jaillant et moi-même. Maintenant nous sommes plus de 50 personnes.
J'ai développé l'histoire avec Denys Corel qui a écrit le script. 
L'actrice principale, Lucile, est totalement impliquée dans le projet. Elle a créé le site, monté la vidéo de présentation (finalisée par Olivier Galliano qui montera le film). Elle a également monté le clip du making-of du maquillage du Faune ainsi que trois interviews. Sans elle le projet n'en serait pas là.



Pour la direction artistique, je collabore étroitement avec Quentin Cachera, lead concept artist et storyboarder sur le projet. Quentin est en train de cartographier le parcours de l'héroïne afin de faciliter la visualisation des VFX et leur découpage.
J'ai été épaulé par le concept artist Philippin Lance D. Ladera, le New-Yorkais Christopher Balaskas et par Loïc Cannavaggia pour la création des esprits de la forêt, les Sylvains.
Dessinant moi-même, je prépare des rough de concept art ou des photo-montages sur Photoshop et je leur envoie. Ils me renvoient leurs WIP (Work In Progress) par mail et je les annote. C'est un travail qui avance avec un effet ping-pong.
Cette même méthodologie de travail a été faîte avec le sculpteur Aris Kolokontes qui a créé le buste du Faune pour les contreparties du crowdfunding. Le processus a été assez vite car Quentin avait dessiné le buste en 360° selon mes directives.
J'ai donné quelques références en photos. Aris sculpta le Faune en 5 jours. Aris Kolokontes a travaillé sur la série Dr Who et sur la trilogie Bilbon entre autres.


Dans le court-métrage la musique tient un rôle majeur car il n'y a aucun dialogue. On entend cependant des sons du quotidien. J'ai demandé au compositeur Jean-Gabriel  de trouver des thèmes identifiables dès les premières notes. Le spectateur doit pouvoir les fredonner l'instant d'après. Nous travaillons actuellement sur le thème du Faune.
Le son est très important et a été confié à Loïc Gourbe qui a travaillé pour des productiosn Europa Corp. Il est assisté de l'ingénieur son David Aknin.

Je citerai le travail d'étalonnage d'Aurélie Laumont qui a travaillé, entre autres, sur le film d'horreur "Au yeux des vivants", Alice Pétillot qui a fait un travail de fourmi avec la traduction de tout le projet (site, dossier, validation des sous-tires...) en Anglais car nous sommes sur un site de crowdfunding international.
La liste est encore longue au niveau de l'équipe. Je les remercie tous pour leur soutien et le temps qu'ils donnent à ce projet.
Je remercie également tous nos partenaires qui nous suivent dans cette aventure.

E.L : Dans le trailer nous avons vu un clin d'oeil/hommage au "Labyrinthe de Pan" de Guillermo Del Toro. Que ce soit en littérature ou au cinéma quels sont vos coups de coeur en matière de Fantastique ?

S.A : A l'école préparatoire, une maîtresse nous avait fait lire des contes pendant tout un trimestre. Je pense que cela a ouvert une porte à mon imaginaire. Ajoutez à cela les gravures de Gustave Doré qui illustraient ces bouquins et hop, j'étais attrapé, fasciné par ces mondes enchantés. J'ai ensuite découvert "L'Empire contre-attaque" au cinéma, j'avais 6 ans. Ce fut le choc? George Lucas est entré dans ma tête et a réussit à m'offrir tout ce que j'attendais des récits d'aventures. Il a touché à quelquechose d'indéfinissable (comme pour beaucoup de monde) dans mon inconscient.
Adolescent, j'ai été marque par le livre "L'arbre aux contes" de Théophile Gauthier". En bien évidement tous les Disney.
J'ai découvert plus tard les livres de Claude Seignolle. Cet homme a collecté les récits du patrimoine légendaire des régions de France, des histoires incroyables.
Je constate une fois de plus que tout ce pan de la littérature est négligé par le cinéma français.

Je suis de la génération des VHS donc je "bouffe" tous les films avec une prédilection pour le fantastique. dès l'âge de 13 ans je m'intéresse aux effets spéciaux, maquillage, etc...
Dick Smith, Rob Bottin et Rick Baker sont mes idoles. 

Pour le film "The Faun of Healwood" : j'ai été très marqué par "Legend" de Ridley Scott. L'arrivée de Del Toro au fantastique a été une bouffée d'air frais. J'ai découvert sont travail (en VHS, et oui !) assez tôt avec "Cronos". Je suis scotché par son film "L'échine du Diable".

L'origine de mon projet remonte à l'époque où Guillermo Del Toro entre en pré-production de "Labyrinthe de Pan". Evidement je suis très sensible à son approche du fantastique, il est très inspirant.

Mais j'apprécie en général tout le cinéma fantastique Espagnol comme "Insensibles" de Juan Carlos Medina. 
Je suis très influencé par le travail de Hayao Miyazaki bien évidement. Le coup de la patte du Faune avec les fleurs qui sortent du sol à son contact cela vient de "Princesse Mononoke".
Del Toro aurait voulu faire la même chose avec son Pan mais faute de budget il avait dû s'y résigner. Ce fût très frustrant pour moi et j'ai voulu combler cette frustration. Et c'était raccord avec mon idée du Faune connecté à la forêt puisqu'il en est le Dieu.
J'étudie l'élaboration des décors de ses productions. Je pratique la même démarche sur certains Disney.
Mes recherches picturales d'appuient beaucoup sur la peinture romantique des 18ème et 19ème siècles. Je suis un grand admirateur du travail d'Albert Bierstadt, de Thomas Cole et de Gustave Doré.

E.L : Autre chose à nous faire partager c'est à vous ! 

S.A : Le cinéma français n'est pas assez bienveillant à l'égard du conte. Il y atrop peu de tentatives. Pourtant le public hexagonal est très demandeur de ce genre de films. Il n'y a qu'à voir le succès qu'il fait aux productions américaines. Donc, si on veut bouger les lignes et voir autre chose que de la comédie, il faut soutenir  et partager ce projet le plus possible. Merci à vous !

Voici le lien pour le financement participatif de "The Faun Of Healwood" : https://www.indiegogo.com/projects/the-faun-of-healwood 


Propos recueillis par Lady Fae





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