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jeudi 3 septembre 2015

Le fils du Diable est un Ange, de Kate Oliver


Avec "Le fils du diable est un ange", paru chez IS EditionKate Oliver nous offre une œuvre de fantasy digne du genre, pourtant exigeant. L’épopée du héros, Kaouk, se déroule dans un univers médiéval fantastique bien construit qui parvient à capter très aisément et rapidement l’intérêt du lecteur.
Un lecteur qui tarde cependant à faire la connaissance de Kaouk. L’auteur consacre en effet une partie assez (un peu trop ?) importante de l’ouvrage à mettre en place les éléments qui serviront ensuite à la compréhension de la quête du héros. Ainsi, à travers l’histoire tragique des personnages de Baïa et de Mortador, on comprend progressivement comment le Mal en est venu à triompher dans le Royaume.

Kaouk, présenté comme l’enfant "de la honte et du déshonneur", se lance dans une lutte acharnée contre le féroce sorcier Mortador. Tyran cruel et sanguinaire, oppresseur du peuple, Mortador a en effet brisé la vie de Kaouk, comme celle de nombreuses autres familles. Le sorcier assoiffé de pouvoir bénéficie du soutien d’une puissante armée, ainsi que de compagnons à la loyauté aveugle.

De son côté, Kaouk pourra compter sur l’aide précieuse de plusieurs personnages dans sa croisade. Parmi ceux-ci, on peut citer l’attachant farfadet Nand ou encore Opaline, son amie d’enfance. En leur compagnie, Kaouk va tout faire pour contrer Mortador dans ses terribles desseins et rendre leur liberté aux malheureux villageois.

L’intrigue est efficacement développée sur un seul tome, qui plus est relativement court. Le lecteur n’a pas le temps de s’ennuyer. L’ouvrage se lit vite, facilement, avec plaisir. L’écriture est fluide, le style à la fois simple et bien maîtrisé. Le tout est bien équilibré, on ne relève pas de maladresse majeure.

Les personnages auraient peut-être mérité plus de nuances pour certains. Ainsi, l’opposition gentil/méchant est parfois un peu trop manichéenne, ce que laisse d’ailleurs apparaître le titre de l’ouvrage (diable/ange). Néanmoins, les principaux protagonistes sont des figures fortes et attachantes. Leur psychologie est plutôt bien travaillée. On peut ainsi mentionner le personnage de Baïa, qui, malgré l’acharnement du destin, parvient à œuvrer contre le Mal avec une force de caractère incomparable.

Les clins d’œil et références à certains personnages mythologiques sont intéressants. Outre le fait de démontrer la solide culture de l’auteur, ils apportent une touche d’originalité à l’ouvrage. L’alliance de ces personnages surprend et laisse un peu perplexe au départ mais fonctionne au final assez bien.
L’intrigue aurait mérité d’être un peu plus développée à certains moments car l’action peut parfois sembler trop précipitée, sans être bâclée toutefois.
On peut également souligner, bien que cela ne gâte en rien l’appréciation générale de l’œuvre, une fin un peu trop prévisible.
En tout état de cause, l’auteur ne laisse aucun répit à ses personnages, et donc au lecteur, qui est captivé, absorbé (au point de rater son arrêt de tram…).

En dépit des très légers bémols évoqués, je vous conseille vivement la lecture de l’ouvrage de Kate Oliver.
Il me semble que le titre ne rend pas nécessairement justice à l’œuvre et peut induire en erreur sur son contenu.
Que cela n’arrête surtout pas les potentiels lecteurs ! Adolescents comme adultes, tous les amateurs de fantasy de qualité trouveront plaisir à dévorer cet ouvrage.

Athina


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