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lundi 8 août 2016

La joueuse de chimères, de Robert Yessouroun




Une jeune et jolie étrangère, descendue d’une civilisation plus avancée que la nôtre, s'ingénie à exaucer les souhaits chimériques de quelques Terriens croisés sur sa route.

Est-ce seulement dans un but d’expérimentation, ou afin de rendre un peu plus heureuses des existences intelligentes ? Mais rapidement, son action sème le désordre sur son passage, jusqu'à ce que...
La réalisation des chimères est-elle toujours source de malheurs et de chaos ?

Une touche de fantastique

Ce roman de Robert Yessouroun, édité en 2011, nous plonge dans la vie de plusieurs protagonistes dont le destin est relié à une magnifique femme en combinaison de plongée. Au fils des ces rencontres, elle exauce les chimères cachés de nos héros : beauté, force, intelligence… semant derrière elle le chaos au milieu des fjords finlandais.

Mais une lecture fastidieuse

Il faudra du courage pour aller à la fin de ce roman et obtenir un début d’explication quand à ces étranges phénomènes. Lecteur attention, la forme comme le fond vous entrainent dans une cacophonie dont on veut rapidement sortir.
La lecture de ce roman est en effet fastidieuse. Même si l’auteur agrémente ces descriptions d’un vocabulaire riche, celles-ci sont si nombreuses et inutiles qu’elles égarent le lecteur. Les histoires s’entremêlent sans véritable logique. Les personnages sont trop nombreux et trop complexes. Et le style est dans l’ensemble bien lourd, avec des phrases très descriptives qui ralentissent l’action. Nous sommes constamment en train de chercher à comprendre le but d’une scène, sans jamais s’attacher aux personnages ni à leur interactions.
Si le roman explore tout de même les fantasmes, les espoirs et les frustrations des protagonistes, ceux-ci sont trop souvent survolés, et masqués par des tentatives maladroites de briser le quatrième mur au beau milieu des descriptions alambiquées. Un exemple parmi d’autre : "une étuve grasse dissimule les turbines et le réservoir diesel ainsi que des ombres molles et incongrues (dont l’une ressemble à un sorcier marabout, si ,si !)."
S’ajoute à tout ça une obsession dérangeante pour le corps des personnages féminins et des scènes au second degré sexuel frappant qui nous font nous demander si l’auteur n’a pas lui-même exprimé ses fantasmes dans son roman. 

Vous pouvez trouver dans ce roman la proposition d’un récit fantastique qui nous demande si ce qui tombe du ciel est miraculeux ou catastrophique, mais il faudra s’accrocher (si si !).

Elricka et Pyro

8 commentaires:

  1. Désolé que mon esthétique de la pagaille puisse heurter autant.

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    1. Bonjour,
      "La joueuse de Chimère" est un livre à l’idée intéressante mais qui est malheureusement très mal exprimée. Ce brouhaha d’histoires et de tranches de vie, ne fait que rarement avancer l’intrigue et nous nous sommes perdus dans le récit. Vous parlez d’une « esthétique de pagaille » que je traduis par des nombreuses idées mal orientées autour du fil rouge de l’histoire.
      Votre roman, édité en 2011, est l’un de vos premiers, et nous sommes conscients que votre dernier "Un village proche des étoiles" à plu à un autre chroniqueur, surement votre expérience qui fait la différence.
      Quant au propos concernant la sexualité, nous avons trouvé les descriptions des corps féminins très appuyées et on pourrait croire que vous soutenez l’hypothèse qu’on ne peut se sentir belle qu’avec un corps de top model et ce dès la première page. Par ailleurs, une phrase de votre roman nous a aussi interpellé, « Attirée par la tour s’achevant en un bulbe doré, Jovia se fraie un chemin parmi les lances à incendie qui refroidissent la toiture». Nous sommes désolé que vous vous sentiez offensé sur se point, il s’agit juste là de notre ressenti.
      Par ailleurs, ce n’est pas parce qu’il s’agit de notre première chronique qu’il s’agit de notre premier livre lu. Pyro et moi-même avons une bibliographie différente qui ne nous a pas empéché d’avoir les même avis sur votre roman.

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  2. Ah, dommage pour le côté un peu complexe...

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  3. Par moment ça arrive!
    Les romans ne peuvent pas tous plaire à tout le monde, je passe mon tour pour celui ci. Merci pour cette chronique éclairante =)

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    1. De rien merci à vous de nous suivre sur ce blog ! N'hésitez pas à patager vos avis si vous avez lu ou vu les livres ou films sont nous parlons !

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  4. Pour ma part, le côté mélange m'avait bien accroché car cela me changeait agréablement des livres trop rigoureux que j'avais lu juste avant. Les goûts et les couleurs... Bref, un livre que j'avais apprécié à sa première lecture à cause de ces petites touches de "folie" qui le parsèment et de ces nombreux personnages.
    D'autant qu'"Un village près des étoiles" que j'ai lu après, est effectivement pétillant comme vous l'indiquez dans l'autre chronique sur l'auteur.
    http://letrangelibrarium.blogspot.fr/2016/04/un-village-proche-des-etoiles-de-robert.html

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  5. La lecture d’un livre n’implique-t-elle pas une certaine humeur, une certaine disponibilité, voire parfois une certaine abnégation ? Ce n’est pas pour rien que bien des lecteurs s’endorment le livre à la main. Peut-être se trouve-t-il même en jeu l’état mental du moment ? J’ai moi-même raté complètement La Télévision de Jean-Philippe Toussaint que j’ai jugé un exercice de style, alors que, reprenant par hasard ce texte en vacances, j’ai vécu les plus grands fous-rires que m’ont donné des pages.
    La Joueuse de chimères n’est pas mon premier roman, mais le troisième, le mieux vendu, le mieux apprécié de ses lecteurs, ne fût-ce que pour son humour que j’ai voulu omniprésent et que vous passez sous silence (pas un mot, rien !). Il n’est pas impensable que votre ressenti vous ait emmurée à côté de l’esprit du texte, que son étrangeté frustrante (pour vous) vous ait irritée. Rien d’étonnant donc à ce que cette réaction d’agacement ait favorisé les traits offensants de votre « chronique », traits offensants dont la présence a été unanimement reconnue par mes proches et mon entourage. L’offense, comme la louange, est dans l’air du temps : coups de cœur, coups de gueule. La réalité est filtrée, voire occultée par les « coups ».

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  6. « Il s’agit juste là de ressenti », dites-vous. Le ressenti évoque un vécu authentique. C’est subjectif, centré sur la personne qui se décrit et non forcément sur l’objet. Comme tout ressenti est un événement intime, à chacun sa vérité. Le ressenti est intouchable, par respect de la personne. Bien sûr, il est particulièrement judicieux, lors de l’approche d’un poème. Mais que signifie votre ressenti public par rapport à un roman, dans un style aussi agressif ? Ressenti bien aiguisé que celui qui lance une mise en garde péremptoire au lecteur « Il faudra du courage », « Lecteur, attention », « il faudra s’accrocher, si, si ! ». Ressenti bien spécial que celui qui se tourne en vérité générale : « La lecture de ce roman est en effet fastidieuse. », marqué d’un présent catégorique, avec éclipse totale de l’énonciateur ! Idem dans : « S’ajoute à tout cela une obsession dérangeante pour le corps féminin ».
    Certes, vous modélisez (avec un « on » impersonnel) dans : « Dès la première page on pourrait croire que vous soutenez l’hypothèse qu’on ne peut se sentir belle qu’avec un corps de top model ». Vous faites alors allusion au commandant de bord, une femme avec des rondeurs (qui est présentée comme « belle », du reste…). L’idée est venue d’une personne proche et je l’ai retenue parce que ce personnage potelé contrastait avec le cliché qu’on se fait du pilote d’un jet. Rien de plus. Que cette femme rêve de mincir, c’est dans l’ordre culturel des désirs, ou bien je me trompe ?
    Quant à la tour avec bulbe qui vous a tant interpellée, elle est simplement caractéristique d’une église orthodoxe. Celle-ci est arrosée, à cause d’un crash aérien qui l’a impactée. Peut-être avez-vous interprété à votre manière cette séquence ? Vous me rappelez des élèves au ressenti très inspiré qui considéraient qu’à l’évidence, dans En attendant Godot, Vladimir et Estragon étaient des « homos » et que donc cette pièce de théâtre était une œuvre d’avant-garde défendant la liberté d’orientation sexuelle.
    Quant à l’extrait : « Les entrailles de la salle des machines de l’Ekelöf sont embrumées, puisqu’une étuve grasse dissimule les turbines et le réservoir diesel ainsi que des ombres molles, incongrues (dont l’une ressemble à un sorcier marabout, si, si !), puisque encore les fumées que dégagent les cylindres et les viscères métalliques brouillent aussi la vue des pistons qu’on entend se déchaîner autant que vrombit l’axe d’acier pour accélérer la rotation des hélices… », il reflète bien, à mon avis, l’esthétique de la pagaille, que vous « traduisez » par la formule dépréciative « brouhaha » (Traduttore, traditore : « Traduire, c’est trahir »). Cette forme et ce fond de récit peut désorienter plus d’un, il est vrai, car, justement mon objectif était ici de désorienter ! À noter que ce vertige délibéré de la gabegie vise l’effet comique, et, au-delà, un certain défoulement. Vous en trouvez deux excellents modèles au cinéma, dans le film 1941 de Spielberg et dans la scène du restaurant de Playtime de Tati.
    Je publie moi-même des « chroniques » comme vous dites, et, pour ma part, je m’assure que mes commentaires soient instructifs (profitables pour le lecteur), intéressants et objectifs, c’est-à-dire vérifiable par n’importe qui. J’y minimise mon ressenti (que je laisse pour toucher des amis, des proches, la famille). Il me semble que, dès lors qu’on entre dans le domaine public (et Facebook en est un), il est sage d’obéir à un minimum d’exigences. Cette posture vient peut-être d’une déformation professionnelle qui résulte de l’expérience des commentaires de texte dans les classes terminales.

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