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mardi 9 mai 2017

Alien, le 8ème Passager, de Ridley Scott


Bien le bonsoir, la plèbe ! Cela fait moult temps qu’on n’s’est point vus, dites moi. Du coup, me voici avec de quoi me faire pardonner. Vous pouvez voir ça comme un cadeau pour les fêtes de fin d’année – en plein moi de mai. De quoi viens-je donc vous parler aujourd’hui ? Encore un vieux flim monochrome ? Un long-métrage avec des monstres en caoutchouc ? Et bien vous y êtes presque. En effet, ce ne sera pas l’un des tous derniers bébés d’Hollywood dont je vais vous parler aujourd’hui, mais d’un long-métrage que j’ai eu le plaisir de revoir sur grand écran : Alien, le huitième passager, de Ridley Scott. Certains le savent, d’autres le soupçonnent peut-être, ce film est celui qui tout gosse m’a donné à la fois le goût de la science-fiction tout comme la passion du cinéma. Autant vous dire que je suis ressorti de la salle dans tous mes états. Je me suis retrouvé d’autant plus fébrile qu’apparaissait à l’écran le très regretté John Hurt, première victime historique du Facehugger de Giger, et nous ayant quitté en ce tout début d’année. Qui plus est, ce mercredi sort le nouveau volet de cette dantesque saga, signé lui aussi par monsieur Scott. 
Moult émotions donc, qui m’ont instillé l’irrépressible envie de vous pondre un petit billet sur ce premier chapitre d’une Saga ayant marqué la SF et le septième art à jamais. En route donc pour LV-426 à bord du mythique Nostromo !

Pour quiconque n’aurait jamais eu le plaisir de voir le film, je vais brièvement vous résumer le synopsis : les sept membres d’équipage du Nostromo, un remorqueur spatial engagé par la compagnie Wayland-Yutani (nom qui lui sera réellement attribué dans le second opus, les personnages y faisant allusion dans le premier simplement en l’appelant « la Compagnie ») sont tirés de leur sommeil cryogénique à mi-chemin de leur retour sur Terre. En effet, l’ordinateur de bord a détecté un signal émis depuis une planète inhabitée, aussi les directives de la compagnie sont claires : l’équipage est sommé d’enquêter sur toute trace d’une éventuelle vie extra-terrestre. Un petit groupe est donc envoyé en reconnaissance et c’est à bord d’un gigantesque vaisseau à l’origine inconnue que l’officier en second Kane est attaqué par un étrange parasite qui lui saute au visage et s’y agrippe…


Et c’est là que tout débute. C’est entre les mains expertes de H. R. Giger que la peur va trouver son plus bel avatar, sous les traits du célèbre xénomorphe incarné par Bolaji Badejo. Un costume incroyable, sculpté à la perfection et qui s’inspire des dessins que Giger avait composé dans son Necronomicon, ouvrage que j’invite chacun à consulter, d’ailleurs. La peur, donc, nous allons en parler un petit moment, car c’est elle qui est au centre de tout le film. En effet, n’ayant pas un budget mirobolant pour un long-métrage de science-fiction aussi ambitieux, Ridley entreprit d’en faire une œuvre reposant plus sur son ambiance que sur l’action. Et foutredieu, le pari est des plus réussis. Si le premier tiers du film constitue en tout et pour tout une succession de scènes d’exposition, nous introduisant aux différents personnages et nous présentant l’intrigue dans un calme sidéral, il contribue également à l’édification de cette ambiance pesante qui ne nous quittera pas une seconde jusqu’au générique final. Dans l’espace, personne ne vous entendra crier, et ça, on vous le fait très rapidement ressentir. L’équipage du Nostromo est seul, livré à lui-même et en pâture à une créature aussi vicieuse qu’effroyable. Mais surtout, ils sont confrontés à l’inconnu. Et c’est bien là la plus grande peur de l’être humain. 

Sans cesse tapi dans l’ombre, glissant d’un conduit d’aération à un autre, impitoyable, insaisissable et semblant ne rien craindre, l’Alien est ce prédateur qui bouleverse l’homme dans sa place au sein du règne animal. Rarement montrée à l’image dans son ensemble, toujours à demi dissimulée ou encore dévoilée par petits morceaux dans d’inquiétants gros plans, la créature force le respect et instille la crainte. Cette idée de ne pas exposer le xénomorphe dans son ensemble était tout d’abord née du souhait de son créateur lui-même, lequel craignait que les spectateurs ne s’en moquent, tant il la trouvait mal fichue, et cela fut mis en scène à la perfection et participa sans doute à son succès. En plus du « bidouillage » du costume de l’Alien, et toujours pour mener son projet à terme malgré son manque de moyens, Ridley prit le parti de faire du Nostromo une véritable poubelle de l’espace. Ce simple choix le propulsa aux yeux de beaucoup comme l’instigateur de ce qu’on appelle aujourd’hui encore « le futur usagé ». Cette démarche permit de donner beaucoup de crédit aux éléments du film, le futur n’était plus ce conglomérat rutilant de belles pièces immaculées si chères à Stanley Kubrick, bien au contraire. Tout le vaisseau part en lambeaux, rien ne marche parfaitement, au grand dam des deux mécaniciens de bord, d’ailleurs. Et là encore, cela participe à l’ambiance angoissante du film. Une totale réussite, vous dis-je ! 


D’un point de vue plus largement cinématographique, Alien, le huitième passager reste une pièce de maître. Chaque plan, du plus large présentant le vaisseau navigant dans l’espace ou celui qui s’est écrasé sur LV-426, au plus rapproché sur la mâchoire rétractile de la créature ou encore sur Jones le chat crachant, tous sont mesurés à la perfection. La lumière y est maîtrisée à chaque instant et le scénario se paye même le luxe de casser le jusqu’alors classique schéma en trois actes en y ajoutant un quatrième ! Si aujourd’hui cela peut sembler anodin, il faut se rappeler qu’à sa sortie cela sortait littéralement de l’ordinaire. Aussi quelle ne fut pas la surprise du public lorsqu’en lieu et place du générique de fin, Ellen Ripley se retrouve confronté une ultime fois au xénomorphe ! Alors qu’on pensait la situation résolue, BAM, l’élément perturbateur fait son come-back et saisi à la gorge le spectateur qui venait tout juste de reprendre son souffle. Exceptionnel.

Et quid de la révélation que fut Sigourney Weaver, alors presque inconnue en dehors de deux rôles, dont une apparition dans Annie Hall de Woody Allen. De même concernant l’ensemble du casting, constitué d’acteurs également méconnus. On notera aussi la participation de l’incroyable Moebius (Jean Giraud), auteur et dessinateur de bandes dessinées et qui avait participé à l’élaboration de Dune d’Alejandro Jodorowsky. Par ailleurs, le film eut un succès tel que l’idée d’une suite, intitulée Aliens, le retour, fut mise en chantier, dirigée cette fois par le non moins talentueux James Cameron, puis deux autres opus ; Alien3 de David Fincher, dont le tournage fut des plus tortueux, et Alien : la résurrection de Jean-Pierre Jeunet. 

Si la saga n’a pas non plus l’envergure de celle créée par Georges Lucas, on peut lui reconnaitre une grande notoriété auprès des cinéphiles autant que des amateurs de SF. Et il est enchanteur pour ses fans de voir que près de 40 piges après le premier film, elle a su garder sa superbe et conserver pour son papa une telle place qu’il a décidé de s’y consacrer à nouveau. Je dois l’admettre, je trépigne d’impatience à l’idée de voir ce que nous réserve Alien : Covenant, et il n’est pas improbable que je revienne vers vous d’ici quelques jours pour vous faire part de mon ressenti. Je vous souhaite d’ici là bien du bonheur, et si d’aventure vous tombiez sur une salle étrange remplie de gros œufs en cuir, envoyez promener votre curiosité et retournez à votre caisson cryogénique. Vraiment. 

Bien à vous, Bishop9K

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