mercredi 26 juillet 2017

Valérian et la Cité des Mille Planètes, de Luc Besson

Au 28ème siècle, Valérian et Laureline forment une équipe d'agents spatio-temporels chargés de maintenir l'ordre dans les territoires humains. Mandaté par le Ministre de la Défense, le duo part en mission sur l’extraordinaire cité intergalactique Alpha - une métropole en constante expansion où des espèces venues de l'univers tout entier ont convergé au fil des siècles pour partager leurs connaissances, leur savoir-faire et leur culture. Un mystère se cache au cœur d'Alpha, une force obscure qui menace l'existence paisible de la Cité des Mille Planètes. Valérian et Laureline vont devoir engager une course contre la montre pour identifier la terrible menace et sauvegarder non seulement Alpha, mais l'avenir de l'univers.

50 ans après leur première apparition dans le magazine Pilote, Valérian et Laureline font leur entrée au cinéma ! Et c'est Luc Besson qui est au commande de "Valérian et la Cité des Mille Planètes" que nous avons découvert hier en avant-première au Cap'Cinéma de Carcassonne.

Quand on aime on ne compte pas et Besson n'a pas fait dans la demi-mesure pour cette adaptation de l'oeuvre de Pierre Christin et Jean-Claude Mézières. 
Ce ne sont en effet pas moins de 200 créatures et aliens créés pour l'occasion, 6000 dessins pour le storyboard, 600 costumes, 65 décors, 115 acteurs et 552 figurants, 100 jours de tournage, 96 musiciens et 40 chanteurs, 1371 personnes en post-production... pour un budget de 197.471.676 euros !!!

Pour autant malgrè tous les moyens mis en oeuvre, le public peine à se projeter. En effet, outre un aspect esthétique et cinématographique grandiose sur lequel nous reviendrons, le duo Delevingne-DeHaan choisit pour interprêté Laureline et Valérian peine à coinvaincre. Trop jeunes et se cherchant comme des adolescents, figés dans leur assurance et manquant d'expressivité, les deux acteurs ne parviennent pas à donner de la profondeur à leurs personnages. Et c'est fort dommage car Cara Delevingne et Dane DeHaan avaient été pertinents dans les rôles respectifs de L'Enchanteresse (Suicide Squad) et de Lockart (A cure For Life).


Face à ce duo pâlichon trois seconds rôles apportent charme, humour et émotion au public, contrastant fortement avec la facade trop lisse, trop infaillible et trop convenue de nos deux héros.
Ainsi Alain Chabat, Ethan Hawke et Rihanna s'offrent des personnages hauts en couleurs : un capitaine-clochard de sous-marin, un cow-boy tenancier de bordel et une "pole-danceuse" transformiste dont le numéro ne laisse pas indifférent. 
D'un point de vue cinématographique la réalisation est impeccable, rattrapant ainsi un scénario peut-être un peu simpliste.
Les plans s'enchaînent harmonieusement dans un foisonnement de couleurs et de décors splendides et variés générés par CGI (Computer Generated Imagery). La démonstration visuelle est plus que maîtrisée que ce soit dans les mouvemets de caméra ou dans la photographie du film.
On dépasse allègrement l'aspect immersif du "Cinquième Elément" tant l'esthétique du film nous transporte dans cet univers lointain. 
Besson a le soucis du détail et donne vie à la cité des Mille Planètes : il offre en effet à son spectateur une plongée dans les multiples environnements que composent Alpha mais également une rencontre du troisième type en prenant le temps de nous présenter toutes les créatures qui peuplent la station intergalactique. L'oeil du cinéphile averti ne manquera pas de reconnaître, entre autres, les Mondoshawan et Jessica Rabbit. 

Mais ce sont les Pearls qui, au centre de l'intrigue, retiennent notre attention. Peuple privé de sa planète natale, en totale communion avec la nature, sa beauté n'a d'égal que le message qu'ils délivrent. Besson nous donne ici sa vision d'appatrides qu'une guerre qui ne les concernent pas a jeté dans les confins de l'espace.

Si on peine par moment à rattacher l'adaptation à l'oeuvre originale, "Valérian et la Cité des Mille Planètes" est un très bon film de science-fiction à la sauce Besson, teinté de son éternel message écolo-politico-philosophique. Un bon divertissement doté d'une esthétique irréprochable qui lui permet de s'affranchir de ses défauts et d'un casting principal peu convaincant.

Lady Fae et Lord Kavern

7 commentaires:

  1. Salut
    Je viens de lire votre chronique, et je ne résiste pas à l'envie de laisser un commentaire sur Valérian, le film.
    Bon... Je suis un ancien chroniqueur de l'étrange Librarium, un bédéphile averti ( m'enfin, je crois...),membre organisateur (entr'autres...) du festival ADAPTATIONS de Cholet lequel traite justement des livres adaptés au cinéma, alors voilà...
    Tout ceci n'est pas pour me donner de l'importance, mais juste pour étayer un peu ce qui va suivre.
    Ce film, je l'attendais impatiemment.
    Comme tout lecteur de la série,j'imagine,j'étais pressé de voir Valérian & Laureline évoluer en grand écran.
    Avec toute la campagne de communication développée autour du film (essayez de passer à côté de Valérian et Luc Besson en ce moment, vous verrez :presse,tv,réseaux,événements,médias,etc...), on ne peux pas ne pas se dire que le film va être "bien"...
    Pari tenu.
    Le film est "bien", voilà.
    C'est un vrai film de Luc Besson : coloré,rapide, visuel, les amateurs apprécierons...
    Du grand déballage de moyens technologiques, vraiment !!
    Il y a quelques temps, je suis allé au futuroscope , et j'ai vu le film "Arthur et les Minimoys" en cinéma dynamique.
    Sur certaines séquences, j'ai vu la même chose.
    Bon...
    Si il était question de la part du réalisateur de dépenser un tel budget pour arriver a une telle explosion visuelle, était ce nécessaire d'utiliser le génie de Christin et Mézières ?
    Ne pouvait il pas créer ses propres univers ?
    Non ,parce que à propos de la construction des personnages, je suis déçu, c'est officiel .
    De Laureline & Valérian, j'aurais dû m'arrêter aux bandes annonces, cela m'aurait suffit.
    Qui sont ces deux adolescents déconstruits qui ne s'expriment qu'à travers un égo ultra dimensionné ?
    A quel moment Valérian à t'il été un séducteur?
    A quel moment a t'il été question de mariage ?
    A quel moment Laureline est elle aussi coupante,autoritaire ?
    Certes, la petite madame à du caractère, mais là, on est pas du tout dans le créneau.
    C'est l'écriture des personnages qui à coûté autant ?
    Ou la surenchère d'effets à outrance qui au final, dépersonnalise le film ?
    Rien d'étonnant à ce qu'on arrive a ce budget pharaonique.
    En sortant de la salle, je suis resté dans l'interrogative, avec une réelle sensation de "gaspillage".
    J'en attendais plus.
    Avec toute la com' autour, je pensais pour le moins sortir du cinéma en me disant, les yeux rêveurs ( comme pour wonder-Woman ou Dunkerque, par exemple)"waow,c'était magique".
    Ben non...
    Raté.
    Soyons clair : le film est "bien",voilà.
    Pour ma part, j'en attendais plus, je le répête.
    Mais bon, je suis peut être devenu exigeant.
    J'ai eu la faiblesse de penser qu'avec tout ce qui s'était dit, Valérian aurait été une belle adaptation, fidèle, authentique...
    Au lieu de cela, Monsieur Besson à réalisé un film a sa manière (images,construction des personnages,...)
    Les amateurs apprécieront surement.
    C'était donc mon point de vue côté bédéphile.
    Merci de votre lecture :)
    joël


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    1. Bonsoir Joël !

      Nous sommes d'accord c'est du bon Besson.

      Mais Valérian et Laureline décidément non ça ne passe pas ! Et la vois française de Laureline n'aide pas !

      Tu parles d'adolescents déconstruits... Et si justement ils étaient en construction, pas encore adulte ? Bon cela n'excuse pas le peu de profondeur qu'ils ont....

      J'aurai mieux vu Jack Gyllenhaal en Valérian et Brice Dallas Howard ou Jessica Chastain en Laureline.

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    2. Alors dans mon casting : Dave Franco en Valérian et Abbey Lee en Laureline, les 2 dans un couple complice et unis.
      Ouai, je pense que cela l'aurait fait pas mal.
      Bon, c'est tout...pour le moment :)

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  2. A propos des acteurs, je fais en sorte de "peser" mon point de vue ( qui je le rappelle, m'est très personnel).
    Bon, j'aurais aimé plus de charisme dans le personnage de Cara Delevingne.
    Sur son profil, elle est parfaite, excellente,drôle,acerbe,jolie,magnifique, j'adore.
    Alors pourquoi s'est elle laissée embarquer dans une attitude de midinette amoureuse, éplorée devant un Valérian qui ne la mérite pas.
    Elle aurait explosée dans un rôle de femme de tête, complètement dominante.
    Elle avait le personnage pour cela, et cela aurait ajouté du piment a ce scénario.
    Je l'attendais sue ce terrain là, dommage.
    Enfin voilà.

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  3. Nous mélangeons, mon gars, 16 ans, et votre serviteur, 52 ans au compteur, allègrement le je/nous.
    Nous l'avons beaucoup apprécié.
    Si les personnages de Laureline et Valérian sont trop adulescents dans la 1ere partie, et s'est dans l'air du temps, les acteurs les incarnaient beaucoup mieux par la suite. Un des lecteurs trouve Laureline trop "midinette éplorée". Je ne partage pas cet avis, je l'ai trouvée au contraire proche de la BD de référence : femme de tête qui sait tirer le meilleur de son collègue de navette tête brûlée (je l'attendais rousse… une petite pointe de déception…). La suite de la saga - espérons qu'elle existera - devrait donner du corps à leurs personnages. On ne trouvera jamais d'incarnation de Valerian et de Laureline à la hauteur de notre imaginaire d'ado, toujours déçus par ceux qui les incarnent (souvenir, qui n'a pas fantasmé sur Laureline).
    Le film est de teinte Besson, c'est logique, dire qu'il y a trop de Kubrick dans un film de Stanley. Autant Arthur et les Minimoys m'a gonflé (Pardonnes-moi) et j'ai peu apprécié Taxi, autant j'ai été fan du Cinquième Élément et j'ai aimé cette dernière production.
    Contrairement aux productions américaines du genre, nous n'étions pas noyés sous un flot de pensées militaristes et/ou patriotiques simplettes. L'introduction du film excellente, et tant pis si on peut critiquer la "bien-pensence" de ces poignées de mains, nous avons pleinement appréciés l'évocation et la mise en forme de la première station orbitale transformée en citée spatiale tentaculaire.
    La réalisation est de toute beauté, le niveau de ce que nous avions sous les yeux était loin devant ce que nous sert habituellement Hollywood, tant sur le fond que sur la forme. Le peuple Pearl m'a directement évoqué le peuple massaï, tant dans leurs traits que dans leurs apparences longilignes. La méga station Point-Central (Alpha) est aussi magnifiquement réalisée, et retranscrit bien l'atmosphère très cosmopolite de celle de la BD, dans laquelle les deux héros séjournent régulièrement dans les égouts… Le film peut sembler lent à démarrer, mais il prend le temps de poser la situation.
    Pour ceux qui n'ont jamais lu la saga avant de regarder le film, on accroche véritablement à cet univers, sans l'impression de "louper une étape" ou de perdre une partie de ce qui en fait l'intérêt. Les informations sur les personnages ou leur univers sont savamment distillés dans le récit, ce qui laisse le champ libre pour se concentrer sur une histoire très riche et capable de nous tenir en haleine durant les 2 heures 17 que durent le film, et, encore une fois, la réalisation technique & visuelle.
    La mauvaise foi des critiques américaines ne s'y est pas trompée en fusillant le film sur la légèreté de son scénario, ne font-ils pas simplement que de reprocher ce qu'en Europe, on constate constamment dans les productions états-uniennes ? La concurrence peut-elle leur faire de l'ombre ? N'oublions pas qu'Hollywood est d'abord une grosse machine de propagande pro U.S. Plutôt que de critiquer très négativement le film, les critiques de Libé ou du Monde – qui auraient flingués Star Wars à sa sortie et Les Tontons Flingueurs pour dialogues débiles et scénarios tenant sur un timbre-poste – devraient davantage soutenir la production européenne, à moins qu'ils aient oublié l'hérédité de leur canard. Je suis très content de voir qu'une superproduction de SF peut ne pas être américaine, avec tout ce que cela implique de propagande idiote, et atteindre cette qualité (notamment au niveau de la réalisation des visuels).

    Oui, il y a des défauts, mais les qualités l'emportent largement. Si on leur en laisse l'occasion, Laureline et Valérian vont mûrir (mais pas trop j'espère). Luc Besson s'est inspiré de plusieurs des albums de Valérian, on retrouve le sel, mis en images, de ce qui a fait l'esprit de la BD.
    Philippe et Kerrian

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    1. Bonsoir Philippe et Kerrian,

      Merci pour cette analyse riche ! Et oui chacun ira de son "je n'aurai pas choisi tel et telle acteur-trice".... Et moi la première j'y aurai mieux vu Gyllenhaal et Brice Dallas Howard ou Jessica Chastain.

      Visuellement nous en avons pris plein le yeux... Mais à notre grand regret cela ne nous a pas suffit. Le beau ne suffit pas à masquer le manque de profondeur des personnages (principaux j'entends car les Pearls et les rôles secondaires sont à la hauteur !) et un scénario un peu léger.

      À titre d'exemple (article dispo sur le blog) j'ai vu mardi " La planète des singes : suprématie ".... Un film qui joue autant sur son esthétique, que sur les émotions envoyées au public par des personnages attachants, et un scénario aboutit, captivant ...

      Dommage pour Valerian .... C'est du bon Besson mais sans plus.... Lucy m'avait plus enthousiasmé, mais la palme revient même encore aujourd'hui au cinquième élément... Un film super green !!!!

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    2. Je suis allée le voir et franchement, j'ai passé un bon moment. C'est un Besson mitonné aux petits oignons, les effets spéciaux sont extraordinaires, assez inédits pour certains. Le centre commercial virtuel, génial ! J'ai été bluffée, mais peut-être que je suis bon public. Le scénario est un peu léger, mais en cela Valérian ne fait pas exception par rapport à d'autres films du genre. Pour le choix des acteurs, j'ai adoré Rihanna et Alain Chabat qui vraisemblablement a fait cela pour le fun, comme Keith Richards dans Pirates des Caraïbes. Pour les rôles principaux, je suis un peu déçue. Laureline ne colle pas du tout, son caractère et son positionnement face à Valérian ne correspondent pas du tout à la BD. Valérian s'en sort mieux. Alors, pourquoi les prendre si jeunes ? Je me suis demandée si c'était un choix commercial pour satisfaire un certain public : on voit beaucoup de jeunes héros actuellement, ou encore, si Besson a voulu se représenter ado s'identifiant à Valérian lorsqu'il lisait la BD. Ce serait alors un choix artistique assumé. En bref : bon film, mais pas grand film, mais il faut quand même encourager ce type de cinéma en France. Danielle Gourbeault-Petrus

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