lundi 26 septembre 2016

Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg, Fin !

© Alexandre Le Gratiet / Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg

Voilà, c’est fini ! Le rideau tombe sur les écrans des salles de cinéma strasbourgeoises, partenaires du Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg, le village fantastique a fermé ses portes sur une belle 9ème édition que je ne peux que recommander.

Est il vraiment nécessaire d’en faire de la publicité ici, alors que le festival a accueilli durant 10 jours près de 30000 mordus de cinéma et de sensations fortes.
Est il encore utile de parler d’une programmation hors pair qui a su enthousiasmer les foules ?

Je note une organisation sans faille d’une équipe organisatrice passionnée de cinéma qui n’a pas hésité à s’associer avec tous les  partenaires culturels et institutionnels de Strasbourg pour apporter tout ce qu’il peut y avoir de fantastique et d’extraordinaire au coeur de notre jolie cité.

Comme le disait Daniel Cohen hier à la cérémonie de clôture du festival "Les Dieux du cinéma étaient avec le festival" et nous ne sommes pas au bout de nos surprises, la dixième édition du FEFS se prépare d’autres évènements plus fous encore seront de la partie. Qu’à cela ne tienne, cher "staff", il me semble que vous avez carte blanche et que les instances politiques vous soutiennent bien. Alors foncez, continuez à nous étonner !

Si ce soir  le calme est revenu dans la ville, il n’en reste pas moins de beaux souvenirs de tous les temps forts. Oui les requins ont envahi les bains municipaux, les dinosaures ont escaladé la Cathédrale et on a même oublié quelques visiteurs dans les caves du musée alsacien... D’autres ne se sont pas encore remis de leur nuit excentrique...
L’émotion était au rendez vous de tous les passionnés , jeunes et moins jeunes lors de la masterclass avec Dario  Argento, invité d’honneur de ce festival. Un grand Monsieur, oui, qui a su communiquer avec simplicité quelques aspects de son talent.
Le public venu nombreux, pour écouter et applaudir, debout, Dario Argento. La salle était comble et dire que j’ai faillit ne plus avoir de place. Le dernier billet était pour Bishop9K...
Et oui, je ne dirais pas ici comment je me suis retrouvée au deuxième rang, après tout nous étions à un festival du film fantastique ...

© Nicolas Busser / Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg
Nous avons ri, pleuré , frissonné ... Devant un choix considérable de films inoubliables....Je vous en  propose certains dans un petit palmarès personnel :

Créative Control de Benjamin Dickinson
The Open de Marc Lahore
Outlaws and Angels de JT Mallner
Another Evil de Carson Mell
Swiss army man de Daniel Scheinert et Daniel Kwan
The Mermaid de Stephen Chow

J'ai également aimé la projection des Dents de la mer aux Bains municipaux, la Grüsselnacht au Musée alsacien, la mastercalss et la retrospective de Dario Argento, les courts métrages  de la collection "demain si j’y suis" pour Canal +, l’hommage à David Bowie avec "The man who fell to Earth" et le documentaire "The Frankenstein complex".
Des rencontres avec les monstres du cinéma : "Dracula" de Tod Browning avec Bela Lugosi, "La fiancée de Frankenstein" de James Wales, "The Wolf Man" de George Wagner...


Les films que je classerai dans "mes frissons" : "I am not a serial killer" de Bily O’Brian, "Maniac" de William Lustig et "Schizophrenia" de Gerald Kargl.

Vous pouvez retrouver le Palmarès 2016 ICI.
Alors simplement merci à vous, Président, directeur et bénévoles et rendez-vous l’an prochain pour la Xème Edition du Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg.

Poteline

La Saga de [ÔM], Antépisode "Sefrkhêt" de Jack Feret


[ANOKHI], le Grand Juge, marque une pause dans son récit de la Saga de [ÔM]. Dans "La Sphère" et "La Pyramide Enfouie" les Juges ont fait allusion à un grand peuple qui vivait, six mille ans avant l'ère chrétienne, au nord de l'Egypte.
C'est l'histoire de Münôr qui est contée ici et surtout celle de Sefrkhêt, cette Enfant de la Prophétie, qui faillit "renaître", mais qui n'en eut pas le temps ....
A cette époque, les Juges étaient appellés "Fondateurs" ou "Créateurs" par une civilisation prodigieuse.
Et Sefrkhêt était la descendante d'Uta, la Mère Première des [ÔM].

"Sefrkhêt" s'inscrit dans la Saga de [ÔM] dont le premier tome intitulé "La Sphère" a déjà été chroniqué par L'Etrange Librarium. L'auteur indique cependant que cet opus peut être lu indépendamment puisqu'il s'agit d'une préquelle à son oeuvre.

Je ne suis pas particulièrement adepte de science-fiction mais quel plaisir j'ai pu avoir à parcourir le roman de Jack Feret !
Tout au long de l'ouvrage nous faisons la connaissance de multiples personnages, hauts en couleurs et aux caractères variés. De foisonnantes descriptions enrichissent une histoire vraiment originale, récit dans lequel l'auteur fait entre autre un clin d'oeil historique par rapport à l'existence des Dieux où il paraphrase les propos tenus par le philosophe Karl Marx. Ce dernier a en effet dit que "La religion est l'opium du peuple", idée que reprend Jack Feret en écrivant "Les Dieux n'existent pas. Ils ne sont qu'un leurre permettant à des gens comme toi d'asservir l'esprit et le corps des plus faibles et de s'enrichir à leur dépens".

Si l'auteur avait déjà livré avec "La Sphère" un roman de qualité il persiste et signe avec cet antépisode au rythme soutenu.
Un ouvrage qui donne envie de poursuivre notre lecture. Lecteurs même si vous n'êtes pas portés sur la science-fiction, ce roman vous étonnera !

Dame Pétronille

samedi 24 septembre 2016

De l'homme invisible à l'étrange créature du lac noir...

Costumes et effets spéciaux du cinéma Noir & Blanc

Chers lecteurs, chères lectrices, chers chiens d'aveugle, quel plaisir de redécouvrir les balbutiements du cinéma de monstres sur grand écran ! A plusieurs reprises durant le FEFFS, j'ai eu l'étrange joie de me retrouver assis dans d'obscures sales au milieu de nombreux personnages atypiques intitulés cinéphiles. Ces curieux représentants du genre humain semblent au premier abord partager les mêmes traits physiques que vous et moi ; deux bras, deux jambes, mais c'est dans leurs yeux qu'on trouve une différence notoire. Ils ont en effet un regard avide, les pupilles dilatées comme celles des chats, brillantes dans le noir de la salle, rivées sur l'écran où ils étanchent leur soif de cinéma avec une passion sans pareille ! Il serait impossible de vous décrire les nombreuses émotions qui transpirent alors au cœur de ces lieux où ils se réunissent en masse pour assouvir leur besoin de sensation... La plupart de celles et ceux qui se trouvaient autour de moi ont connus ces films de la même manière que moi, longtemps après leur sortie, car venus au monde trop tardivement pour les voir au cinéma. Je vous parle ici d'une époque où la couleur ne s'imprimait encore pas sur pellicule, et n'étaient alors que nuances de gris. Où la technique et le talent demandaient une force d'imagination et de créativité qu'on soupçonne à peine... Pourtant, déjà au début du millénaire dernier, la volonté de faire frissonner était présente, ce besoin viscéral de l'homme d'être confronté à ses peurs le dévorait, et si la littérature y parvenait très bien, le cinéma, lui, cherchait encore ses lettres de noblesse.
C'est alors qu'Universal mit en avant nombres de talentueux cinéastes avides de transfigurer les monstres romanesques à l'écran, pour le plus grand plaisir du public d'avant-hier, d'aujourd'hui et d'après-demain.

Je vous invite donc dans un voyage incroyable saturé de sépia dans le passé du cinéma au travers de deux films qui à l'heure actuelle restent des merveilles indiscutables.


The Invisible Man, de James Whale

Un scientifique crée un sérum qui le rend invisible mais le transforme également en psychopathe perpétrant des actes d'horreur.
Une simple phrase phrase pour présenter ce qui allait très vite devenir un classique incontournable du cinéma fantastique. Adapté d'un roman du renommé HG Wells, écrivain emblématique et pilier de la science-fiction, le film de James Whale nous promet alors insidieusement de se confronter à un défi de taille pour l'époque : représenter l'invisible à l'écran. Si le postulat, ainsi énoncé, pourrait sembler simple, il relève pourtant d'une subtilité incroyable. En effet, il ne s'agit pas de filmer du vide, les molécule constituant l'air n'étant pas farouches en ce qui concerne leur capture par la caméra. Non, la volonté du réalisateur ici est bel et bien de porter à l'image un être invisible qui interagit directement avec son environnement et le reste des personnages. Oh, petit détail qui m'avait échappé mais qui a son importance : nous sommes en 1933, m'sieurs dames. Œuvre majeure du gadget et de l'astuce, on ne peut que saluer le génie de l'équipe de tournage qui a su nous donner avec (littéralement) quelques bouts de ficelle l'illusion que son anti-héros est réellement invisible.
Du grand art, indiscutablement ! Et prouesse d'autant plus respectable que les effets utilisés alors n'ont pas pris une seule ride plus de quatre-vingt ans plus tard.
Nous suivons donc les mésaventures du docteur Jack Griffin, dont les travaux l'ont totalement dépassé. Dissimulé sous un imperméable et le visage intégralement bandé, on comprend d'emblée que quelque chose de louche se cache derrière ce personnage. Et c'est tout d'abord par petits fragments que l'on nous dévoilera sa nature, jusqu'à cette scène exceptionnelle où Griffin se défait de tous ses vêtements pour totalement disparaître de l'écran. Surviennent alors mouvements de poulies, trucages visuels, jeux de ficelles et autres astuces pour faire voltiger les éléments du décor ! Incroyable, il est là, sans que nos yeux ne puissent le saisir. Le rendu est formidable.


Si les techniques utilisées semblent désuètes à l'heure de l'imagerie numérique, on ne peut toutefois que se prendre au jeu grâce à la maîtrise et au soin appliqué à ces effets spéciaux, dignes héritiers de l'exceptionnel Georges Méliès. On oscille ainsi donc entre divers artifices habillement dissimulés pour contempler une cigarette flottante entre un chapeau et un foulard (ma scène coup de cœur) et on se rend compte qu'il y a autre chose... Là, sous notre regard circonspect, il se trame un tour de magie, et on a raison de le soupçonner car on assiste en réalité à un véritable tour de force dû au montage du film. Cette chemise qui flotte dans les airs et rend fous ces policiers perplexes est le fruit d'une surimpression de plusieurs négatifs ! Certaines de ces scènes ont donc dues êtres tournées plusieurs fois et superposées afin d'obtenir l'effet désiré. On joue avec l'assombrissement de certains celluloïds pour effacer la silhouette de Griffin, accentuer ses vêtements, ont l'implante parfois sur des plans dont il est originellement absent en utilisant toutes les capacités de la pellicule. Du travail de titan...
On suit donc notre incroyable monstre au fil de sa folie meurtrière, convaincu que rien ne peut l'arrêter dans son règne de terreur, au travers d'un récit ponctué d'humour tantôt subtil tantôt grotesque qui chaque fois fait mouche et qui contraste grandement de l'adaptation qui en sera faite dans le non-moins excellent Hollow Man de Paul Verhoeven qui, lui, en dépeindra une vision plus sombre.


L'étrange Créature du Lac Noir, de Jack Harnold

Nous voici maintenant vingt-et-un ans plus tard, en 1954, devant un tout autre genre de monstre ; celui du Lac Noir, en compagnie d'un réalisateur dont le nom résonne encore comme l'un de ceux qui ont donné au genre ses lettres de noblesse. Si on me demandait, au hasard d'un coin de rue, quel est pour moi le costume de monstre le plus réussi du cinéma en noir et blanc, je répondrais sans aucune hésitation « celui de l'étrange créature du lac noir ». Bon sang, qu'il est saisissant de réalisme ! En 1979, sortait Alien, le Huitième Passager dont le principal personnage -le xénomorphe- allait marquer les esprits par la perfection de son costume. Pourtant, Giger lui-même avouera éprouver des réticences quant à la réussite de sa création. Et bien selon moi, ces deux costumes se font écho, représentations absolues de leurs époques respectives. Seul le temps les distingue...Une créature violente, mi-homme, mi-poisson, suit l'embarcation d'une équipe de recherche britannique en Amazonie. Elle tombe amoureuse de la sublime Kay lorsque le bateau arrive au lac Noir, un paradis sans retour.
Voici ce que nous promet le synopsis. Rien qui ne semble casser trois pattes à un pélican, en somme, et pourtant le film nous entraine dans une fable aux dimensions écologiques encore d'actualité de nos jours. A plusieurs reprises, les actes et les propos des personnages nous invitent à nous questionner sur la position de l'Homme sur Terre, à son implication dans l'évolution de sa biosphère et à son rapport à la faune et la flore du monde qui l'entoure. Avide de découvrir et comprendre, il reste soumis à son sentiment d'être l'espèce dominante de la planète, et refuse que cette place lui soit discutée. Et c'est très exactement ce que dépeint l'histoire de ce film avec une justesse qui tient au final plus du sous-texte que de l'exposition pure et simple. A aucun moment on ne traite directement de ce message avec le spectateur, tout y est distillé avec soin et absence de jugement, c'est l'affaire de chacun de se placer face à sa part de responsabilité sans pour autant qu'on ne retrouve la moindre trace de culpabilisation... Certains des personnages prônent en effet une attitude pacifique envers la créature, tandis que d'autres convoitent la tête du monstre comme trophée.
Outre cette dimension écologique, on se doit de relever la qualité du costume. Là où H.R. Giger était heureux de voir son monstre dissimulé dans l'ombre par Ridley Scott dans Alien, on a ici droit à des plans rapprochés de la créature du lac Noir tournés sous tous les angles. Au fond, pourquoi aurait-on voulu cacher une telle merveille de costume ? Le détail et le soin qui y sont apportés n'ont véritablement pas de quoi rougir, et l'effet est toujours aussi saisissant aujourd'hui. De plus, le film est composé de nombreux plans sous-marins d'une qualité exceptionnelle et particulièrement nets ; prouesse technique si l'en est, qui nous immergent dans l'univers aqueux de l'œuvre.
Deux films d'exception, qu'il est fort agréable de retrouver sur grand écran. Deux monuments de l'innovation en matière d'effets spéciaux et de déguisement. Deux classiques qui méritent leur titre et le préserveront à jamais.
Sur ces bons mots, je vous laisse, le festival bat encore son plein et il reste foule de films à découvrir ou redécouvrir !

Veuillez agréer des bisous,
Vôtre par intérim,
Bishop9K

vendredi 23 septembre 2016

Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg, partie III


Jour 4 : Lundi 19 Septembre

Salut à vous autres ! Nous nous étions déjà croisés, non ? A la sortie de l'avant-première de Blair Witch si je ne m'abuse. Peut-être certains d'entre vous ont-ils eu l'occasion depuis de se faire leur propre opinion sur ce film, d'ailleurs. Je reviens donc vers vous pour partager une toute autre expérience ; celle de mes hasardeuses déambulation au fil du FEFFS.
En effet, si l'épicentre d'un festival de cinéma est constitué de films, on y retrouve également une ambiance propre. Ici, par exemple, celle-ci peut être dépeinte par le Village Fantastique. Véritable point névralgique où Poteline et moi-même étions amenés à nous rendre au moins un fois par jour afin d'y récupérer nos places pour les séances de la journée, on y trouvait (et on y trouve encore pour quelques jours) un peu de tout !
Hormis de forts sympathiques bénévoles sans qui le Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg ne saurait être ce qu'il est, et qui font preuve d'une motivation hors du commun, on peut y débusquer plusieurs stands nous plongeant dans nos plus doux et frissonnants souvenirs de cinéphiles : cartes et croquis évoquant de vieilles affiches de films, bijoux et autres goodies en rapport direct avec les plus grands classiques du genre, ou encore livres et articles traitant du cinéma fantastique sous toutes ses latitudes, autant dire que chaque chaussure de verre peut y trouver sa Cendrillon, et inversement. Visualisez alors tout ceci baigné dans une atmosphère brumeuse, vous invitant à vous promener devant les pierres tombales de Jack Skelligton et de sa douce Sally, surplombées par les épouvantails de ces derniers en grandeur réelle, ou encore traverser des champs de courges et autres citrouilles à la lueur d'une lune sur laquelle se dessine un inquiétant poulpe, véritable égérie du festival.

C'est également the place to be entre deux séances, où vous pourrez vous rafraichir en solitaire comme entre amis au goulot d'une Meteor fraîchement brassée et -petit détail non-négligeable- servie avec le sourire ! Autant vous le dire, on a rarement vu un hall d'accueil faire aussi bien son boulot, vous immergeant dans le cadre du festival avec une rare qualité.
© Cédric Jager / Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg
Jour 5 : Mardi 20 Septembre 2016

Mais le Village n'est pas le seul événement à se dérouler en plein air pendant le FEFFS. Point de rendez-vous depuis maintenant plusieurs années, la projection sur écran géant au pied de la fameuse cathédrale de Strasbourg est devenue un incontournable du festival ! L'an dernier, toute la ville pouvait venir librement découvrir ou redécouvrir l'exceptionnel The Gremlins de Joe Dante, lequel était d'ailleurs présent en tant qu'invité d'honneur, l'année précédente ce fut une projection de Ghostbusters d'Ivan Reitman qui fut présenté. Et lors de cette 9ème édition, nous pouvons dire avoir été tout aussi gâtés qu'auparavant avec l'incroyable Jurassic Park de Steven Spielberg. Avec une file d'attente sans pareille pour y assister, une ambiance au rendez-vous, les magnifiques dinosaures de John Hammond furent chaleureusement accueillis. Ce fut là l'occasion de revisiter un des films les plus marquants de l'évolution du monstre au cinéma. En effet, Jurassic Park allie à merveille toutes les techniques que l'on connaissait alors pour constituer ses créatures et leur offrir le rendu le plus sensationnel et réaliste possible à l'écran : costumes, animatronics et images de synthèse. Tout y est maîtrisé à la perfection pour des sensations encore fortes à l'heure actuelle.
Quelle claque de voir le T-Rex ravager son enclos au pied même d'un des monuments les plus emblématiques de la ville ! On y retrouvait le plaisir des drive-in d'autrefois, les voitures en moins. Et lorsqu'on voit ce qu'il advient des véhicules dans le film, on se dit que ce n'est peut-être pas plus mal d'être venu à pieds...
Rassemblement phare du festival, moment fort par excellence, la projection en plein-air est un de ces points qui ne laissent présager que du bon pour l'avenir du FEFFS. Et si cette année l'habituelle zombie-walk a dû être légèrement tronquée pour cause de sécurité, cela n'aura su entacher l'enchantement que l'on tira de cette édition 2016. Quelque soit l'installation que l'on a chez soi pour dévorer les plus grands classiques du cinéma, partager cela avec tant et tant de monde au cœur de Strasbourg est une expérience unique et inégalable.

Sur ce, je vous laisse à vos errances habituelles.
Veuillez agréer des bisous,
Vôtre par intérim,

Bishop9K

Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg, partie II

Jour 3 : Dimanche 18 Septembre

© Poteline
Steven Spielberg s’est invité aux bains municipaux de Strasbourg. Lieux prestigieux construits entre 1905 et 1908 et classés au patrimoine des monuments historiques.
Oh mais je m’égare, non je plante simplement le décor.

Dès l’instant où j’ai pris place et que j’ai levé les yeux pour admirer les lieux, je savais que le public qui assistait à cette projection était privilégié.

Projection visible des bouées dans le bassin même, pour les plus courageux, comme BishopK9, ou en places assises, au pied de la piscine ou dans les gradins pour les moins téméraires.

Après une installation du public dans l’eau la séance peut enfin commencer. Les bains sont alors plongés dans l’obscurité histoire de semer la terreur …
Pas de cris, rien, le public ne bouge pas, retient son souffle et attend le moment de se faire dévorer par les requins, les yeux rivés sur l’écran (que j’ai d'ailleurs trouvé trop petit pour l’occasion).
Chers organisateurs, ne m’en veuillez pas, je trouve ce festival tellement bien ficelé que j’ai presque honte d'émettre une critique, mais ici elle est constructive, sachez-le ! Je pense surtout que vous aviez des contraintes techniques que j’ignore .
Il n’y a pas eu de requin malveillant dans la piscine, tout le monde est ressorti sain et sauf… ouf !
Poteline

© Cédric Jager / Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg

jeudi 22 septembre 2016

Interview de Sandrine Bataille Vandoorne



L'Étrange Librarium : Bonjour, pouvez-vous vous présenter et parler de votre parcours, présenter votre roman "L.E.A." à nos lecteurs ?

Sandrine Bataille Vandoorne : Bonjour, je m'appelle Sandrine Bataille.
Je suis professeur de biotechnologies, vaste domaine qui englobe la santé, l'environnement, le budget, la vie professionnelle, la prévention, l'hygiène des locaux, la cuisine …..j'en passe et des meilleures ! En réalité, je n'enseigne plus depuis 5 ans, privilège dû à mon statut de mère de 4 enfants. Mais comme chaque femme le sait, mère au foyer, c'est loin d'être de tout repos !
LEA est issu de diverses réflexions existentielles. Mon héroïne se confronte à beaucoup de problèmes actuels, même si son histoire se déroule dans un futur très lointain. Professeur avant tout, j'y parle d'environnement, de tolérance, de différence, d'amour évidemment !

E.L : Tout d'abord, qu'est-ce qui vous a amené à écrire ?

S.B.V : Petite, je tenais un journal intime et je m'amusais déjà à écrire des histoires. Beaucoup de poèmes aussi. Puis ça m'est passé jusqu'à la correction des devoirs de mes enfants. Notamment le français. Les devoirs d'imagination, j'adore ! Et un jour, alors que ma fille s'était lancée dans l'écriture d'un roman, suite à une rédaction, (qu'elle n'a malheureusement pas fini), je me suis dit "pourquoi pas moi ?" et LEA est né.
Je suis naturellement partie dans le fantastique parce que ce sont des lectures que j'affectionne. Pas que … mais vous verriez ma bibliothèque !!

E.L : Quelles ont été vos sources d'inspiration pour écrire votre roman (en littérature, au cinéma) ? Qui sont vos maîtres et coups de cœur en littérature et dans le septième art (principalement en SF, fantastique) ?

S.B.V : Surtout littérature. De toute façon, le cinéma est souvent inspiré de la littérature.
Dans LEA, on retrouve des traces d'Ewillan de Pierre Bottero, le cycle de Pendragon de Stephen Lawhead, (d'ailleurs, il y a un peu de légende arthurienne dans LEA ), les princes de l'atlantide de Bernard Simonay …
Evidemment, le Seigneur des Anneaux est imparable. Mais un des maîtres en SF est Pierre Bordage ! Abalon, Les Guerriers du Silence… à découvrir si ça n'est déjà fait !

E.L : Comment s'est organisé le travail d'écriture ? Avant et après la publication ? Pendant l'écriture, le moment de la journée où vous écrivez le mieux ? Un rituel autour de l'écriture ?

S.B.V : Chez moi, l'écriture, ça n'est pas très réfléchi ni très organisé, en réalité. Du moins, pour LEA. Quand j'ai commencé, je ne savais pas trop où j'allais aller. Je voulais parler religion, environnement, tolérance … et s'est venu au fil de l'écriture. Même certains personnages n'étaient pas prémédités à l'origine.
En général, j'écris plutôt l'après-midi. Pas vraiment de rituel. La seule chose qui revient régulièrement, c'est l'installation de mon chat sur mes feuilles ou mon ordi !

E.L : Autre chose à nous faire partager ? Vous avez carte blanche ! (lien vers votre site, page facebook, remerciements, accueil de votre ouvrage par les lecteurs, futurs projets...)

S.B.V : Je remercie L'Etrange Librarium de me consacrer ce temps pour LEA. Il faut savoir que l'édition de ce roman ne s'est pas déroulée comme je l'aurais souhaité. D'ailleurs, malheureusement, excédée par le manque d'implication de la maison d'édition, j'ai rompu mon contrat et à ce jour, LEA n'est plus publié. J'espère le ressortir un jour avec quelqu'un de plus sérieux.
En attendant, mon deuxième roman va sortir aux éditions Audience : L'envol. A découvrir, bien sûr...
Et pour ceux qui voudrez absolument lire LEA, je m'engage à vous le fournir en PDF... Il vous faudra juste me joindre en mp sur ma page facebook : Sandrine Bataille Vandoorne – Officiel
Encore merci et à bientôt j'espère !
Propos receuillis par Athina

mardi 20 septembre 2016

Blair Witch, d'Adam Wingard



Tout d'abord, bien le bonsoir, ou bonjour d'ailleurs, selon le repère spatio-temporel conditionnant le moment où vous lirez ces lignes. Je me présente à vous, ô avisés lecteurs, pour ma première chronique sur ce fabuleux blaug qu'est l'Etrange Librarium. Bishop9K, mi-homme, mi-cinéphile, mi-corneille, et à votre service ici et à cette heure. Vous avez déjà pu voir mon insolite minois au fil des photos relatant le début de notre épopée au Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg (FEFFS pour les intimes), aussi, puisque qu'un simple sourire vaut tous les longs discours du monde, je vous passerais les détails de ma petite enfance, de mes nombreuses séances chez les dignes héritiers de ce bon vieux Sigmund, et j'irais directement au cœur des choses, droit à ce qui vous intéresse, ce pour quoi vous êtes là, prostrés derrière votre écran rétroéclairé (c'est beau le futur, n'empêche) : je vais vous parler du nouvel opus de la saga Blair Witch.

A l'instant même où je rédige ces lignes, sachez que je sors alors tout juste de la séance diffusée en avant-première du-dit film, lequel sortira ce mercredi 21 septembre dans toutes les salles obscures du pays, où vous pourrez à votre tour le découvrir. Je gage que certains d'entre vous l'attendaient, soit avec méfiance, soit avec impatience, et si mon humble retour dessus peut vous aiguiller, alors cela ne sera que bon pour mon karma, et j'en serais fort aise ! D'autres, peut-être, seront étonnés d'apprendre qu'un nouveau Blair Witch pointe le bout de son museau en 2016, et cela n'aurait rien de surprenant ; en effet, le projet est né dans le feutré et a su préserver le mystère jusqu'à il y a quelques mois. Tout d'abord provisoirement baptisé The Woods, le film s'est construit dans la confidence. Son réalisateur, monsieur Adam Wingard, n'ayant que très peu communiqué sur son contenu et son intrigue et n'acceptant de dévoiler que quelques images de son dernier bébé. Il était d'ailleurs tout naturel pour le FEFFS d'accueillir ce long métrage, puisque Wingard y avait précédemment fait des émules avec son œuvre précédente, The Guest et était avant cela déjà présent lors d'une autre édition avec You're Next qui lui non plus n'avait pas laissé le public indifférent. Autant dire que cette avant-première était attendue au tournant par les habitués du festival.

Bien, le contexte ainsi posé, je vous propose de nous attarder un moment sur ce que nous promettait le film par le biais de son synopsis : "James et un groupe d'amis décident de s'aventurer dans la forêt de Black Hills, dans le Maryland, afin d'élucider le mystère de la disparition de sa sœur en 1994. Beaucoup croient que cette disparition est liée à la légende de Blair Witch. Au départ, les jeunes étudiants s'estiment chanceux de trouver deux personnes de la région qui leur proposent de les guider à travers les bois sombres et sinueux. Mais, tandis qu'ils s'enfoncent dans la nuit, le groupe est assailli par une présence menaçante. Peu à peu, ils commencent à comprendre que la légende est bien réelle et bien plus terrifiante que ce qu'ils pouvaient imaginer..."Une suite directe du premier volet éponyme qui occulte totalement l'existence de l'infâme Blair Witch 2 ? Une fable surnaturelle au fond des bois ? Un énième slasher surnaturel à la sauce teen movie ? Voyons cela de plus près...

Qu'en penser avant de voir le film ?

Il est clairement assumé que le Blair Witch de Wingard fait suite aux événements de celui des talentueux Daniel Myrick et Eduardo Sanchez, datant de 1999. Ce dernier avait donné ses lettres de noblesse à un genre encore sous-représenté au cinéma : le Found-Footage. Ce style cinématographique souvent perçu comme minimaliste et consistant à inviter le spectateur à croire à la véracité des faits qui lui sont présentés car filmés dans un style inspirant l'amateurisme, et très souvent caméra à l'épaule. Un genre devenu relativement commun de nos jours (avec des films comme Cloverfield de Matt Reeves ou encore Paranormal Activity d'Oren Peli) mais qui, à l'époque était plutôt méconnu. Le film de Myrick et Sanchez se déroulant pendant l'automne 1994, le résumé de ce nouvel opus nous assure donc en être le digne héritier. Reprenant l'idée d'une bande de jeunes s'engouffrant à leur tour sur le territoire d'une supposée sorcière au sein d'une forêt pour le moins... disons inhospitalière... Et le tout avec la prétention de reprendre les codes du genre de son aïeul. Tout cinéphile ne peut alors que voir sa curiosité piquée à vif, mais les aficionados du premier film auront toutefois les oreilles qui sifflent, de crainte d'y revoir l'échec que fut la précédente suite aux mésaventures d'Heather et de ses "amis". C'est donc avec une appréhension non dissimulée que je prenais place dans le cinéma...

Qu'en penser après avoir vu le film ?

Et bien c'est agréablement surpris que je suis sorti de la séance. Non pas que le film était exceptionnel, mais il ne m'a point déçu non plus. Mitigé, partagé, circonspect, faites votre choix parmi ces quelques synonymes, en tout cas cela représente parfaitement l'état d'esprit dans lequel votre humble serviteur s'est retrouvé lorsqu'est tombé le générique.S'il n'y a pas grand chose à redire au niveau de la réalisation, qui est plutôt bien maîtrisée, comme à l'habitude de Wingard, et que le climat d'angoisse et d'inquiétude va grandissant et satisfera les amateurs du genre, les quelques bémols ponctuant l'œuvre tout du long ne laisseront pas indifférents. Dans un premier temps, il me saluer les tentatives d'innovation qu'apporte Wingard au matériau d'origine : on retrouve le style found-footage, agrémenté de plusieurs idées intéressantes. Ainsi nous avons droit à non pas une mais plusieurs caméras, permettant d'exploiter divers angles de vue et des plans variés sans dénaturer le produit de base. Hélas, les nombreux cut faisant office d'ellipses instillent invariablement à notre esprit logique l'idée d'un montage, et cela nous fait souvent sortir du récit pour nous rappeler à notre condition de spectateur tout autant qu'au statut de fiction du film. Peut-être ces cut seraient-ils mieux passés s'ils avaient été justifiés scénaristiquement, comme peuvent l'être les nombreuses interférences parasitant l'image, mais ils ne sont à aucun moment exposés comme relevant de la volonté des personnages d'interrompre leur enregistrement...

Concernant le penchant fantastique du film, il est clairement assumé, et Wingard semble concrétiser la nature surnaturelle du mythe de la sorcière de Blair. Si cela est parfaitement mesuré et agréablement dosé, garantissant quelques sueurs froides bien senties, on déplorera le fait que ce ton ne soit pas adapté à une suite du Blair Witch de 1999. En effet, dans celui-ci, rien n'affirme l'existence de la sorcière, et si tout est amené de façon à le faire croire, depuis longtemps la vérité fut faite à ce sujet : le film est dénué de tout surnaturel. Je ne m'étendrais pas plus sur cela, préférant ne pas gâcher l'expérience de celles et ceux qui n'auraient eu encore ni la chance ni la curiosité de voir le film en question (ce que je les invite à faire dès lors qu'ils le peuvent!), tout comme je laisse les personnes qui ne l'avaient jamais vu sous cet angle le soin de creuser cette affirmation. Nous avons donc deux longs métrages se complétant plutôt bien, mais qui demandent de considérer le premier autrement que tel qu'il est. C'est ce paramètre qui m'a le plus laissé amer, car il n'y a guère de grands reproches à faire au petit bébé de Wingard qui remplit son rôle de film horrifique, tout du moins, rien qui puisse empêcher les amateur du genre à passer un agréable moment devant.

Pour conclure, et parce que l'adepte de jeux-vidéos et d'histoires d'horreur que je suis ne saurait clore cette review sans en parler, j'aimerais effectuer un petit parallèle. Blair Witch d'Adam Wingard, en préservant son titre d'origine et en se séparant de l'œuvre à laquelle il fait suite, aurait put être une excellente adaptation du mythe du Slender Man, et ce à bien des égards.

Bilan récap' : un bon film, à la réalisation soignée et respectueux du matériau d'origine qui remplit son rôle sans être pour autant l'incontournable de cette fin d'année, avec quelques fautes mineures qui nous rappellent que réalisateur est un métier qui s'apprend par la pratique et l'audace.Je reviens très prochainement vers vous pour d'autres retour sur le FEFFS, et vous invite à vous gorger de films, quelqu'ils soient, car ça n'est jamais du temps de perdu.

Veuillez agréer des bisous.
Vôtre par intérim,
Bishop9K

dimanche 18 septembre 2016

Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg, partie I

© Cédric Jager / Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg
Jour 1 : Vendredi 16 Septembre

Ca y est la 9ème édition du Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg est lancée ! Nous avons pu assister, après quelques négociations, à la cérémonie d’ouverture.
Devant une salle comble de passionnés de cinéma fantastique, quelques comédiens ont improvisé ici des pas de danse, là du jonglage …
Daniel Cohen, directeur artistique du festival, a souligné le travail que représente une telle organisation, mentionné les invités prestigieux tels que Dario Argento, William Lustig, Veronica Franz, Brontis Jodoorowsky… et bien d’autres encore.
Il a évoqué les évènements spécifiques qui ne manqueront pas de déplacer les foules : l’apéro Zombie, la projection des" Dents de la mer" aux bains municipaux, la protection de "Jurassic Park" sur le parvis de la cathédrale….
Il a parlé des rencontres telles que les Master Class.

Décidément, cette 9ème édition du Festival promet de belles surprises …
En attendant, place au film qui ouvre le bal, heu, non le film d’ouverture du festival "Swiss Army Man", avec Daniel Radcliffe et réalisé par Daniel Scheinert et Daniel Kwan… Les Daniels sont à l’honneur ce soir !

Jour 2 : Samedi 17 Septembre

La Grüselnàcht, Samedi Minuit.


Les places ont été vendues très rapidement et on comprend pourquoi…
Cette nuit, le musée Alsacien de Strasbourg a proposé son côté sombre et obscur aux visiteurs en mal de frissons.

Si vous ne partez pas en courant au contact de personnages ensanglantés, martinet à la main, qui vous hurlent dessus, c'est que vous êtes prêts à pénétrer dans l’antre du musée que vous connaissez si bien. Là où vos souvenirs d’enfance Alsacienne sont censés ressurgir et vous mettre le baume au coeur…
Oubliez cela très vite car en entrant dans la cour du musée vous frissonnez déjà.
Vous déambulez dans le noir, vous arrêtez dans chaque pièce et écoutez, de toute façon vous n’avez pas le choix , on vous surveille… Des histoires sont contées, mises en scène : chasse aux sorcières, esprits malins, homme de feu… vous donnent froid dans le dos.
Le talent des comédiens est à souligner.

Vous avancez vite d’une pièce à l’autre parce qu’on vous dit de vous dépêcher, vous obtempérez, toujours dans le noir… une main vous agrippe, un sursaut et vite vous suivez le groupe.
Vous voilà dans les caves du musée, là vous avez froid, vous vous attendez à une histoire encore plus terrible, mais non ! Vous ne comprenez pas trop, vous êtes peut- être même déçu…
Qu’à cela ne tienne, vous n’avez plus le temps d’y penser, vous passez devant une pendaison... Ouch, il faut avoir le coeur bien accroché là !

Pour finir, la visite cauchemardesque, vous frissonnez devant un court métrage "E Elsassisches Axt-Massaker", réalisé par Hervé Freiberger.


Poteline

samedi 17 septembre 2016

Le Prestige, de Christopher Priest



Dans l'Angleterre de la fin du XIXe siècle, où les numéros de magicien et le spiritisme attirent les foules, Alfred Borden et Rupert Angier, deux prestidigitateurs hors du commun, se rendent célèbres grâce à l'audace de leurs tours. Cette notoriété ne les protège pas de la jalousie, et bientôt les deux hommes se lancent dans une tragique compétition et s'affrontent dans un duel sans merci.
Trois générations plus tard, au cours d'une enquête sur une secte, le journaliste Andrew Wesley fait la connaissance de Kate Angier. Elle lui révèle qu'il s'appelle en fait Andrew Borden, et qu'une guerre oppose leurs deux familles depuis la fin du XIXème siècle. Quand Andrew découvre le rôle exact joué par le scientifique Tesla dans toute cette affaire, sa vie en est bouleversée à jamais....

"Le Prestige", roman écrit par Christopher Priest, est paru en 1995 et a été traduit en France pour une première parution en 2001 aux éditions Denoël.
Il a reçu le World Fantasy Award "meilleur roman" en 1996.

Le roman nous plonge dans une narration menée par différents protagonistes. Regroupant plusieurs journaux intimes, l'oeuvre révèle leurs points de vue et une vérité qui leur est propre mais qui diffère de celle des autres.
Comme dans un très bon tour de prestidigitation, le spectateur est mystifié, berné jusqu'à la révélation finale : de la promesse au prestige en passant par le tour en lui-même le lecteur est guidé par le ton de la narration à la première personne, le mettant en position de confident. On assiste à la narration puis à l'interprétation des évenènements par l'oeil d'un des protagonniste puis d'un second... Cela induit une certaine subjectivité, chacun se donnant le beau rôle et ne s'accablant pas totalement des fautes commises.

Le tour de magie de Christopher Priest est de nous conduire d'interprétations en suputations, habilement, tout en nous laissant entrevoir le tour et ce qu'il a de fantastique (l'homme transporté) sans jamais en dévoilé complétement le secret et surtout le prix de celui-ci.

C'est avant tout le récit de l'ambition dévorante de deux hommes qui, par le truchement de la science et du spectacle, vont courrir à leur perte emportant deux familles sur plusieurs générations dans un conflit larvé.

Ce roman a été adapté en 2006  au cinéma par Christopher Nolan. Occultant un pan de l'histoire mettant en scène les descendants de Borden et Angier, le film se concentre sur le conflit entre les deux prestidigitateurs et nous révèle le travail de Tesla.

Le roman s'inspire de la rivalité authentique de deux magiciens célèbres du XVIIIème siècle : Giuseppe Pinetti surnommé le Professeur et Edmond Grisy dit Torrini.
Entre roman de science-fiction et récit d'horreur, Christopher Priest dépeint les merveilles et les dangers de la science sur fond de fantastique.

Dans cette uchronie l'auteur a extrapolé ce que Tesla aurait pu créér pour livrer à son lecteur un ouvrage de qualité, base inspirante de l'excellent film de Christopher Nolan.

On pourrait dire de Christopher Priest ceci : "L’artiste n’est pas un sorcier, mais un acteur jouant le rôle d’un sorcier et désireux de faire croire, fût-ce un instant, qu’il est en contact avec des forces obscures. Le public, quant à lui, sait qu’il n’assiste pas réellement à une démonstration de sorcellerie mais oublie cette certitude pour former le même vœu que l’illusionniste. Plus ce dernier est doué pour maintenir l’illusion, plus on le considère expert en sa trompeuse magie." (extrait du Prestige).

Lord Kavern


mercredi 14 septembre 2016

Interview de Christopher Priest


A l'approche des Utopiales nous vous livrons une interview de Christopher Priest, auteur du roman Le Prestige (adapté en film par Christopher Nolan). Athina et Lord Kavern on eu le plaisir de le rencontrer en 2015. Un retour sur un échange fort sympathique.

L'Etrange Librarium : Quel fut votre parcours avant d’arriver à l’écriture ?

Christopher Priest : Horrible ! Ennuyeux ! Des jobs atroces. J’ai travaillé dans des bureaux, comme employé. 

E.L :Comment en êtes-vous arrivé à écrire ? Quelles ont été vos sources d’inspiration ?

C.P : Pour Shaw, "être un auteur c’est comme boire de l’eau". J’ai commencé à écrire à l’âge de 5 ans. Ma source d’inspiration, c’est "Song of the sky" de Guy Murchie. C’est un ouvrage magique, magnifique. Une très belle langue, c’est le plus important. Bref, c’est un chef d’œuvre.

E.L : Comment écrivez-vous ? Avez-vous des rituels liés à l’écriture ?

C.P : Je me sens coupable… Je ne fais rien de particulier. C’est une manière terrible de travailler. Je suis paresseux. Je ne suis vraiment pas un bon exemple ! Ne le dites pas aux gens, hein ! 
Je n’ai pas vraiment d’inspiration. L’écriture, c’est de la transpiration, pas de l’inspiration.

E.L : A propos de l’adaptation du « Prestige » faite par Christopher Nolan, vous avez évoqué le fait que Nolan avait offert un visuel à l’écrit. Vous pouvez nous en dire plus ?

C.P : J’ai beaucoup de chance. Je suis un auteur très visuel. Je parviens à voir les personnages en face de moi. J’ai écrit le livre douze ans avant le film. 

E.L : Dans "Le Prestige ", vous parlez d’illusion, mauvaise direction. Pouvez-vous développer ? 

C.P : Tesla est un personnage fascinant. Trouver des informations le concernant n’a pas été facile. J’ai notamment trouvé son journal (en serbo-croate). C’était un inventeur absolument fascinant. 

E.L : "Le Prestige" était-il un moyen de parler d’une possible uchronie ? 

C.P : Dans "Le Prestige", j’introduis l’idée d’un futur uchronique. Tesla était extraordinaire. Il pourrait vous dire qu’il y aura un orage dans tant de minutes. Il était brillant, il avait une vision, mais ça ne fonctionnait pas toujours. 

E.L : Que pensez-vous de l’opposition Edison/Tesla ?

C.P : Il y avait une jalousie certaine. Edison a participé à l’essor des gratte-ciels à New-York. Tesla a développé le générateur à courant alternatif, qui donna la chaise électrique.
Dans mon histoire, Tesla est prépondérant. 

E.L : Que pouvez-vous nous dire à propos de votre ouvrage "Le Glamour" ?

C.P : L’idée est qu’il existe des gens dont on n’a jamais soupçonné l’existence. Même en regardant attentivement, on ne peut les voir. C’est l’histoire d’une femme qui est à mi-chemin entre les deux mondes, visible et invisible. Son petit ami est invisible. Apparait alors un personnage visible. 
En ce qui concerne l’adaptation cinématographique, les choses ne se sont pas passées comme prévu. Tout est parti de travers. L’adaptation ciné, c’est une longue route. Le script, c’est toujours ce qui pose problème. Dans la nouvelle, la fin est métaphysique. Vous ne pouvez pas filmer cela. C’est le problème.

E.L : Quelle nouvelle souhaiteriez-vous voir adaptée au cinéma ?

"La séparation". C’est une nouvelle qui parle des bombardements pendant la seconde guerre mondiale. C’est une fiction spéculative. Je pense que ça ferait un super film, avec beaucoup d’effets spéciaux. 

E.L : Avez-vous des projets ?

C.P : Je suis un romancier, quand j’écris, je ne pense pas au reste, à l’avenir. Je laisse les choses suivre leur cours.

E.L : Quelles sont vos impressions sur le Festival des Utopiales ?

C.P : J’adore, c’est parfait. Il y a beaucoup de choses prévues pour les auteurs, comme l’hôtel juste à côté. Ici les auteurs n’ont pas à payer pour venir ! 
Je suis déjà venu aux Utopiales plusieurs fois. J’ai fait la première édition, à Poitiers, en 1992. C’était pas terrible Poitiers. A part ça, il n’y avait que le Futuroscope… Je suis venu aussi l’année dernière. 
La première fois que je suis venu en France, c’était à Salon-de-Provence. Il y avait un repas avec des écrivains. Puis nous sommes allés faire un discours à l’hôtel de Ville, mais exactement devant les mêmes personnes !
J’aime beaucoup la France. J’aime Paris, quand je n’y suis pas !

Propos recueillis aux Utopiales 2015 et traduis par Athina et Lord Kavern

dimanche 11 septembre 2016

Les Enfants de l'Ô, Le cycle de Z'Arkan Tome 1, de Vanessa du Frat



Alia, 2340
Un étrange signal apparaît sur les écrans de surveillance ECO. Ludméa, jeune stagiaire envoyée sur le terrain pour chercher son origine, se retrouve en pleine tempête, au cœur de la forêt de Gonara. L’affaire semble intéresser de près Ruan Paso, directeur adjoint des départements militaires pour la recherche scientifique, un homme plein de secrets.

Terre, 2066
Les jumeaux Line et Lúka tentent de survivre sous le joug d’un père violent, obsédé par ses manipulations génétiques. Leur existence triste et routinière est chamboulée le jour où Lúka désobéit aux ordres en laissant s’évader un sujet d’une importance capitale… ce qui ne restera pas sans conséquences pour le futur.

L’ouvrage de Vanessa du Frat, premier d’une saga qui comporte aujourd’hui quatre tomes (bientôt cinq !) est une œuvre qui bénéficie actuellement d’une très respectable notoriété, notamment sur internet. 
L’aventure des Enfants de l’Ô a ainsi débuté sur le web, sous forme de feuilleton. L’engouement des fans, dont l’avis a régulièrement été recueilli par l’auteur, a permis à celle-ci de réaliser son rêve de publication, par le biais de l’auto-édition (Chromosome Editions, maisons d'édition née en novembre 2013 créée par l'auteure)
De nombreux lecteurs se sont mobilisés afin de permettre à l’ouvrage de bénéficier d’une belle édition papier, à la présentation à la fois sobre et efficace.
Ce roman est le fruit de longues années passionnées de labeur, ce qui est nettement et rapidement perceptible à sa lecture. Vanessa du Frat semble avoir mis son tout son cœur, son âme et ses compétences en matière scientifique au service de son œuvre.
On ne peut qu’être séduit par l’univers créé, lequel est servi par une intrigue prenante et une écriture de qualité. D’emblée, Vanessa du Frat parvient à nous « embarquer » dans les aventures de Ludméa, Line et Lùka, pour ne citer qu’eux. Les premières pages font naître de nombreuses questions dans l’esprit du lecteur et le tiennent en haleine, sans que cela nuise pour autant au rythme du roman. A peine remarque-t-on quelques longueurs que l’auteur y remédie, en dévoilant/distillant progressivement et utilement des éléments de l’intrigue. On ne s’ennuie donc pas un instant et les pages défilent bien vite ! Vanessa du Frat maîtrise totalement l’art du suspense, en "frustrant " malicieusement, juste ce qu’il faut, son lecteur, l’amenant à se questionner, imaginer, réfléchir. On n’a donc pas la sensation d’être passif, mais au contraire savamment sollicité, ce qui est extrêmement plaisant !
L’auteur se livre à un exercice particulièrement difficile en intégrant dans son récit deux histoires/mondes/époques, et s’en sort avec un talent certain, sans laisser une impression de confusion ou un quelconque manque de cohérence. 
Certains personnages manquent un peu de consistance ou de profondeur mais on peut le pardonner aisément à l’auteur, notamment en raison d’un travail soigné concernant les principales figures du roman.
Les amateurs de science-fiction peuvent rester sur leur faim car l’auteur propose essentiellement des développements privilégiant la psychologie des personnages et de leurs liens. Toutefois, ce travail est bien mené, avec finesse et nuances. Pas de "gentils" ou de "méchants" chez Vanessa du Frat. Ses personnages sont bien plus complexes que cela, ce qui contribue d’ailleurs à les rendre plus proches du lecteur. 
Le premier tome de la saga des Enfants de l’Ô est donc un ouvrage de grande qualité. On ne peut que comprendre l’engouement des fans pour son auteur, qui se révèle être aussi talentueuse que sympathique, généreuse et simple, très proche de ses lecteurs et réellement attentive à leurs avis !

Athina

dimanche 4 septembre 2016

Independence Day et Independence Day : Resurgence


Le pitch ? Des extraterrestres envahissent la Terre conjuguant leurs attaques au quatre coins du globe pour exterminer l'humanité. C'était sans compter sur de vaillants héros patriotes...

Si "Independence Day", sorti en 1996, s'annonçait comme un énième film d'extraterrestres attaquant la Terre, il a, à l'époque, conquit un public large : gamins âgés d'une dizaine d'années, trentenaires baignés par les films d'action à grand spectacle, sans oublier les parents d'adolescents qui, sous couvert d'emmener leur progéniture au cinéma, ont bien apprécié la séance !

Cliché à souhait, ce long métrage tient ses promesses. On y voit un clin d'oeil à la Guerre des Mondes (H.G Wells, 1898) avec la peur pour une grande nation d'être envahie par plus fort qu'elle.
Si le scénario est prévisible à souhait (on connaît la fin avant même de se rendre dans un salle obscure !), le spectateur n'est pas en reste devant les designs aboutis des vaisseaux et armures des envahisseurs. Les SFX, explosions, apparitions des extraterrestres, le jeu des acteurs et l'ambiance générale (un peu de pathos, de l'action, de l'amour, sans oublier le labrador qui s'en sort !) font leur job et avaient à l'époque scotchés le public.

Le second opus, "Independence Day : Resurgence", était très attendu 20 ans après la sortie de ce qu'on peut qualifier de blockbuster.
Renouant avec le premier volet, le film met en scène les mêmes envahisseurs, plus déterminés, plus impressionnants et plus nombreux que jamais.
Les enfants des héros de jadis forment le nouvel espoir de l'humanité. Cependant les vétérans de 1996 ne sont pas en reste. Une alliance se forme entre générations afin d'éradiquer définitivement la menace extraterrestre, à moins que...

Le casting permet aux spectateurs de retrouver les acteurs et personnages présents dans le premier opus (Jeff Goldblum, Bill Pullman, Vivica A. Fox...), excepté Will Smith qui interprétait le Capitaine Steven Hiller. 

Malgré quelques incohérences (la stripteaseuse devenue médecin et titulaire d'un poste à responsabilité au sein d'un hôpital devait être sacrément motivée pour booster ainsi sa arrière professionnelle !!!) on prend plaisir à renouer avec une équipe alliant humour (les protagonistes Julius et David Levinson), amour (le couple Patricia Withmore/Jake Morrison mais également l'attachant couple formé par le Dr Brackish Okun et son compagnon) et action.

Malgré un scénario prévisible, truffé de clichés et de pirouettes scénaristiques cousues de fil blanc, le film remplit le contrat, offrant un divertissement qui prend des allures de fans service et répond ainsi aux attentes !

La recette du succès des deux opus ? Une fierté américaine pleinement assumée, du patriotisme à outrance, la symbolique du jour de l'indépendance, l'alliance de héros blancs et blacks....
On y trouve l'aboutissement d'une idéologie : la parfaite union des différentes nations et ethnies face à un ennemi commun. Les films véhiculent le message positif d'une humanité unie face à l'adversité extraterrestre.
L'annonce imminente de la fin du monde met un terme à des clivages mais égalements aux conflits : plus d'inégalité entre gay et hétéros, redneck et citadins, stripteaseuses et personnalités haut placées... Des "saigneurs" de guerre à l'accent à couper à la machette font amende honorable et rachètent les erreurs du passé.
L'envahisseur bien loin d'anéantir toute vie sur terre, rassemble et unifie l'humanité.

Vous en redemandez ? Cela tombe bien car Roland Emmerich annonce un troisième volet. Voici ce qu'il en dit : "Le prochain film sera un voyage intergalactique. Cela se passera sans doute un an ou deux après, pas 20 ans après. Je veux maintenir ce groupe de personnages, spécialement les plus jeunes, et Jeff Goldblum ainsi que Brent Spiner en feront partie. Ce sera fun de garder ce groupe réuni. Est-ce que je vais vraiment le réaliser ? Oh oui. Je ne laisserais jamais, jamais quelqu’un d’autre le faire".

Lady Fae et Lord Kavern